L’Afro tourisme à Rio de Janeiro : le circuit de la Petite Afrique

Rio de Janeiro offre deux circuits, l’un urbain et l’autre rural dans lequel sont présentées les racines de l’histoire des afrobrésiliens

L’industrie du tourisme est l’activité qui présente les indices de croissance les plus élevés dans le contexte économique mondiale. Au cours de la dernière décennie, ses activités ont connu une expansion de 57%. Et les nouveautés n’arrivent pas sur le marché par hasard.

De porte d’entrée des touristes au Brésil, Rio de Janeiro offre désormais de nouveaux circuits ayant une caractéristique: l’afro tourisme. Selon la professeure et guide touristique Claudia Maria, il existe un marché en expansion dans ce segment. “En tant qu’enseignante du niveau moyen, j’ai déjà emmené plus de 500 adolescents faire la connaissance de la Petite Afrique”, explique-t-elle.

La Petite Afrique se situe dans la région centrale de la ville de Rio de Janeiro. Gamboa, Morro da Conceição, Pedra do Sal sont les endroits parcourus à pieds par les touristes qui souhaitent connaître la zone de l’ancien Marché Négrier et le Musée dos Pretos Novos. “Cette zone est préservée, on peut encore y voir de nombreuses caractéristiques du Rio Colonial. Même les pierres sont encore faites du même pavé qu’à l’époque coloniale”, indique Claudia. Une bonne paire de tennis est donc nécessaire pour parcourir le circuit de la Petite Afrique.

Les guides touristiques Claudia Maria et Geny Guimarães offrent des histoires encore occultées de la culture afro brésilienne. “ Tia Ciata a commencé ses réunions à Pedra do Sal, ou vivaient les bahianais nouvellement arrivés. Après la réforme de la ville promue par le gouvernement Pereira Passos, ils se sont déplacés vers la Praça 11 et à cet endroit, la samba a pris un autre visage ”, explique la guide et professeure de géographie.

Ces histoires et d’autres font partie des divers circuits créés par ces guides et militantes du mouvement noir comme le circuit de la Lapa, de la Mangueira, de Parati. “Nous voulons créer une nouvelle option touristique. Et nous allons transformer ce projet en quelque chose qui inclut les jeunes de la région”, indique Claudia Maria.

Dans la région rurale de l’état de Rio de Janeiro, le visiteur vient pour découvrir le Quilombo São José et participer à l’Hommage aux Aînés Noirs (Homenagem aos Pretos Velhos).

Les 12 et 13 mai, le touriste peut découvrir le Quilombo São José, à Valença, Rio de Janeiro. São José est une communauté de 200 noirs de la même famille qui préservent le jongo, danse-de-roda (en cercle) considéré comme une des origines de la samba, emmené de l’Angola au Brésil colonial par les esclaves.

Selon Ângela Damasceno, organisatrice du tour à partir de la ville de São Paulo, “près de 150 personnes ont déjà participé à la fête contagieuse dans la communauté São José”.

Voilà trois ans qu’elle organise les voyages pour les touristes qui souhaitent connaître un quilombo de prêt et danser le jongo au cours des fêtes organisées par les membres de la communauté.

“Je travaille dans le secteur du marketing institutionnel d’une multinationale, et mon intérêt est de donner une visibilité à tout ce qui se réfère à la culture afrobrésilienne”, explique-t-elle.

A floresta, les maisons de terre glaise aux toits de paille, la lampe, le fer à charbon et le feu de bois font toujours partie du quotidien. Cela fait 150 ans que cette famille vit sur la même terre depuis l’esclavage en conservant de riches traditions comme le jongo, l’umbanda, le calango, le chapelet de São Gonçalo, la médecine naturelle, les prières et les bénédictions, l’agriculture familiale et l’artisanat entre autres traditions. Il y a deux années, la communauté ne possédait pas la lumière électrique et vivait dans l’isolement.

Sur le littoral, ou à l’intérieur, on perçoit une demande pour comprendre les ethnies à l’origine du peuple brésilien. Avec le tourisme se crée une opportunité d’affaire dans laquelle les touristes et les membres d’une communauté sortent gagnants économiquement et culturellement.