L’Afrique se met à l’euro

Après la Banque centrale marocaine, c’est au tour de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) de se mettre à l’heure de l’euro. La BCEAO lance une campagne de communication sur la nouvelle monnaie européenne trois mois avant sa mise en circulation. La banque procédera, dès janvier, à la reprise des devises européennes. L’opération durera six mois. Les Africains sortiront leurs bas de laine pour changer leurs économies en euros.

Même si elle s’y est prise avec un peu de retard, la BCEAO a décidé d’employer les grands moyens. Plaquettes publicitaires, spots télévisés et radiodiffusés, la Banque lancera sa campagne vers mi-septembre. Sur le plan pratique, l’arrivée de l’euro en Afrique, notamment dans la zone Franc CFA, ne change pas grand-chose aux économies locales. Les ministres de l’Economie ne cessent de rassurer les investisseurs et leurs populations.

Selon quelques spécialistes, l’euro ne bousculera pas les économies africaines car ces dernières, surtout celles qui dépendent des matières énergétiques, continuent d’utiliser le billet vert pour leurs échanges. Depuis quelques années, les transactions financières concernant le pétrole se font obligatoirement en dollars. Et avec le niveau actuel de la monnaie de l’oncle Sam, les producteurs ne se risqueraient bas à jongler avec l’euro. Le change dollar-euro est très bénéfique pour eux.

Il n’y a pas non plus de grands changements pour le Franc CFA qui continuera d’être arrimé à l’euro, la France se portant toujours garante. Pour l’instant, seuls le Gabon d’Omar Bongo, producteur de pétrole, et la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo, producteur de cacao, se disent prêts pour janvier, date de mise en circulation de la monnaie européenne. Les deux pays ne partagent pas le même destin. Si Libreville affiche une économie plus ou moins stable, Abidjan est au bord du dépôt de bilan.