L’Afrique, grenier des investisseurs étrangers

Les investisseurs, surtout ceux qui proviennent des pays émergents, sont de plus en plus intéressés par l’Afrique, selon une étude du cabinet d’audit EY, appelé aussi Ernst and Young. La part des investissements directs étrangers dans le monde injecté dans le continent est passée de 3,2% en 2007 à 5,6% en 2012.

Une décennie auparavant, l’Afrique intéressait peu ou prou les investisseurs étrangers. Aujourd’hui, la donne a bien changé. Le continent, en pleine croissance économique contrairement à l’Europe qui est en récession, attire de plus en plus les investisseurs, surtout ceux issus des pays émergents, selon une étude du cabinet d’audit EY, appelé auparavant Ernst and Young.

Selon le cabinet d’audit, la part des investissements directs étrangers (Ide) dans le monde, injectés dans le continent, est passée de 3,2% en 2007 à 5,6% en 2012, au cours des cinq dernières années. Les projets d’investissements directs étrangers en Afrique sub-saharienne ont augmenté de 22% depuis 2007.

L’Afrique du Sud, pays le plus attrayant

Bien que les investissements directs étrangers des pays développés en Afrique aient chuté de 20%, « cette baisse est compensée par ceux des marchés émergents qui ont une nouvelle fois augmenté en 2012, comme les trois années précédentes », explique le cabinet. Alors que les investissements direct étrangers en provenance du Royaume-Uni « ont augmenté de 9% par an, ceux injectés par les Etats-Unis et de la France, qui constituent les deux autres grands marchés développés investisseurs en Afrique, ont considérablement diminué », souligne EY.

Parmi les pays qui attirent le plus les investisseurs, l’Afrique du Sud. « Le secteur minier et des métaux est toujours perçu par les répondants à l’enquête comme celui présentant le plus grand potentiel de croissance en Afrique », indiquent les auteurs de l’enquête, suivi du Maroc, Nigeria, Egypte et Kenya. Les investissements de l’Inde, en forte concurrence avec la Chine pour prendre le plus de parts de marché dans le continent, ont augmenté de 21% au total. De même que l’investissement intra-africain a augmenté de 33%. En revanche, l’investissement en Afrique du nord a stagné.

Les infrastructures secteurs d’avenir

Quels sont les secteurs économiques qui attirent le plus les investisseurs? Au moins 21% des répondants estiment que les infrastructures sont un secteur de croissance contre 14% l’année dernière et seulement 4% en 2011. Le secteur des technologie de l’information et de la communication a connu un véritable boom ces dernières années dans le continent. Et près de 14% des répondants contre 8% l’année dernière s’y intéressent pour investir. De même les services financiers, 13% contre 6% l’an dernier, et l’éducation, qui est passée de 0 à 10% cette année, attirent davantage les investisseurs.

Mais pour que de gigantesques projets voient le jour en Afrique et permettent le développement, il faudrait que le continent mette en « place des réformes économiques, politiques et sociales », note Stéphane Baller, associé responsable de l’activité Pays émergents d’EY. Si ces réformes sont mises en place par les gouvernants, « il est fort probable que plusieurs de ces économies suivent le même développement que certains des marchés asiatiques et autres marchés à croissance rapide au cours des 30 dernières années ».

Baller va plus loin dans son analyse. D’après lui, « d’ici les années 2040, nous sommes convaincus que des pays tels que le Nigeria, le Ghana, l’Angola, l’Égypte, l’Éthiopie et l’Afrique du Sud seront considérés comme des moteurs de croissance de l’économie mondiale ». De quoi redonner de l’espoir au continent, dont les dynamiques économiques sont de plus en plus visibles.