L’Afrique de l’Ouest : un marché lucratif pour Western Union

La firme américaine Western Union, avec ses 15% de part de marché, est le leader mondial du transfert de fonds transfrontalier. L’Afrique de l’Ouest constitue l’un de ses pôles de croissance. En France, environ 50 % des transactions effectuées dans le réseau de la Banque Postale, son partenaire depuis 10 ans, concerne cette partie du monde.

Western Union, leader mondial du transfert de fonds transfrontalier, a fêté ses dix ans de collaboration avec la Banque Postale en offrant, mardi dernier, 100 000 dollars à l’ONG Aide et Action. L’organisation intervient dans le domaine de l’éducation dans les pays en voie de développement. Ce don servira à scolariser pendant trois ans en Afrique de l’Ouest – Sénégal, Guinée, Mali, Togo, Bénin, Niger et Burkina Faso – 1300 enfants. Western Union, avec ses 270 000 agences réparties dans 200 pays, détient 15% du marché mondial des transferts de fonds. Il représente en valeur 249 milliards de dollars et la multinationale y enregistre une croissance de 11%, contre 8% pour le marché.

« Notre croissance se fait essentiellement sur ce que l’on appelle le marché informel. Depuis qu’il y a des migrants, il y a des transferts d’argent. Nous apportons une solution fiable et rapide » a indiqué lors de la conférence de presse Lydie Specque, la présidente de la Société financière de Paiements (SFP), détenue respectivement à 59 et 41% par Western Union et la Banque Postale. L’entreprise essaie donc d’attirer à elle toutes les transactions financières qui se font de manière informelle. Comme, par exemple, les sommes destinées à la famille que l’on confie à un ami qui se rend dans son pays d’origine. La SFP dispose de 44 agences et, pour élargir son réseau, signe des accords avec des opérateurs financiers tel que le réseau Travelex qui dispose de 24 points de vente en France.

L’Afrique de l’Ouest : un marché important pour Western Union

Mais dans l’Hexagone, le réseau le plus important de distribution des services Western Union est la Banque Postale où ils sont disponibles dans 3100 bureaux de poste. L’une des missions de cette dernière, a souligné Patrick Werner, le président de son directoire, est d’offrir ses services au plus grand nombre. « La proximité est une donnée essentielle » dans la stratégie du groupe et « La France est une terre d’immigration très importante », a-t-il poursuivi. En France, 60 à 70% des transactions réalisées, à 85% des émissions, le sont vers les pays africains et plus particulièrement ceux de l’Afrique de l’Ouest. Environ 50% des opérations de transfert de fonds concerne cette région. Elle a été dès les débuts de l’internationalisation de Western Union, qui remonte à 17 ans, une priorité compte tenu des relations historiques qui lient la France à cette partie de l’Afrique. Au Sénégal, la firme américaine détient une position quasi monopolistique.

La baisse du coût des transferts, qui représente entre 8 et 10% des sommes envoyées, n’est pas, pour l’heure, à l’ordre du jour. Pour les responsables de la multinationale, « les consommateurs ont le choix » et acceptent par conséquent de payer le prix qui leur garantit un service de qualité. Néanmoins, la firme a mis récemment en place un service dénommé « 48h », moitié moins onéreux, uniquement accessible à travers le réseau SFP. Comme son nom l’indique, les fonds sont disponibles 48h après la réalisation de l’opération. Il est à ce jour opérationnel à destination de 6 pays africains : le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Congo, le Mali, la République Démocratique du Congo (RDC) et le Sénégal.