L’adieu aux armes du parti algérien Wafa

Taleb Ibrahimi annonce la dissolution de son parti interdit, le Wafa. Le ministre de l’intérieur accusait cette formation d’être un centre de recyclage d’islamistes. Pourtant, les islamistes sont représentés au gouvernement par sept ministres.

Taleb Ibrahimi sait organiser de belles funérailles. Pour l’enterrement de son parti Wafa, il s’est entouré d’un beau cortège funèbre. Nationalistes, islamistes, trotskistes, anciens combattants, étaient présents à ses côtés. Le siège du Front des forces socialistes a servi de lieu de recueillement. Et d’opposition.

La guerre entre Taleb Ibrahimi et le pouvoir date des élections présidentielles de 1999. Les autorités n’ont digéré ni sa candidature, ni son retrait, plus tard, de la course aux présidentielles. Sous un prétexte un peu farfelu -recyclage du FIS-, le ministre de l’Intérieur, Zerhouni, interdit le Wafa et met sous scellés tous les biens de ce parti. Sans donner plus de précisions sur les motifs de cette interdiction. Zerhouni ira jusqu’à traiter Taleb Ibrahim, sous les ordres de qui il a travaillé durant de longues années, de néo-nazi.

Islam, politique et démocratie

Seuls les  » réconciliateurs « , les partisans du dialogue avec les islamistes, ont soutenu le Wafa. D’où leur présence aux côtés d’Ibrahimi lors de l’annonce de la dissolution de son mouvement.  » Je ne comprends pas cette décision arbitraire. Le Wafa n’est pas une officine du Front islamique du salut ! « . Une décision d’autant plus surprenante vu la présence de sept ministres islamistes au gouvernement. Taleb Ibrahimi était ministre sous de nombreux gouvernements pendant 24 ans.

Les représentants du FIS à l’étranger sont formels :  » Taleb (Ibrahimi) n’est pas le FIS et le FIS n’est pas Taleb. Nous ne comprenons pas le verbiage et les onomatopées de Zerhouni  » (Ministre de l’Intérieur – Ndlr). Les observateurs politiques expliquent l’interdiction du Wafa par une réaction d’un clan des clans  » du pouvoir décisionnel « .