Koffi Olomidé, un habitué des barreaux

Koffi Olomidé (26 oct 21)
Koffi Olomidé

À la cour d’appel de Versailles, le procès de la star congolaise Koffi Olomidé s’est ouvert, lundi 25 octobre 2021, à 14 heures. A la barre, c’est un homme habitué des barreaux qui s’est présenté.

L’artiste star de la rumba congolaise Koffi Olomidé s’est présenté au premier jour de son procès, ce lundi 25 octobre, devant la cour d’appel de Versailles, en région parisienne. Le Congolais est accusé par quatre de ses danseuses d’agressions sexuelles et séquestration, entre 2002 et 2006. Accompagné de son principal avocat, Me Emmanuel Marsigny, Olomidé a porté une veste rayée marron, des lunettes Louis Vuitton et une bavette de couleur noire qui ne cachait pas forcément sa barbe grisonnante.

C’était un événement de voir le chanteur se présenter après avoir brillé par son absence dans le passé. Koffi Olomidé, de son vrai nom Antoine Agbepa Mumba, ne s’était pas présenté à son procès en première instance ni, préalablement, à deux rendez-vous lors de l’instruction, provoquant l’émission d’un mandat d’arrêt.

En première instance, le tribunal de Nanterre l’avait condamné en mars 2019 à deux ans de prison avec sursis pour « atteinte sexuelle» sur l’une de ces jeunes femmes, déclarée mineure au moment des faits. Le ministère public, qui avait requis sept ans d’emprisonnement ferme, avait fait appel de cette condamnation. Le chanteur de la République démocratique du Congo (RDC) avait été relaxé des poursuites concernant trois des danseuses.

En 2007, une première danseuse porte plainte et décrit à la justice ses tournées avec Koffi Olomidé en France. Elle dit vivre enfermée près de Paris dans un pavillon surveillé par trois gardes sans possibilité de sortir ni de téléphoner. Les trois autres, qui déposent plainte en 2009 puis 2013, confirmeront ce récit, selon l’accusation.

Parfois, selon le récit des danseuses, dont une qui assure à la justice qu’elle était alors mineure, elles étaient amenées dans une chambre d’hôtel ou dans un studio d’enregistrement pour que le chanteur les force à avoir une relation sexuelle. L’une d’entre-elles rapporte qu’elle subissait la scène deux fois par semaine. Une autre raconte qu’elle se laissait faire pour ne pas perdre son poste de danseuse.

En juin 2006, elles s’échappent ensemble du pavillon francilien avec une corde de drap après avoir endormi les gardes à l’aide de somnifères, selon leur récit. Initialement mis en examen pour viols aggravés et séquestration en 2012, Koffi Olomidé voit finalement la juge d’instruction le renvoyer, en 2018, devant le tribunal correctionnel pour «atteinte sexuelle avec violence, contrainte, menace ou surprise par personne ayant autorité» ou agressions sexuelles et séquestration.

La ligne de défense de Koffi Olomidé n’a pas changé. Accompagné de Me Antoine Vey, Me Emmanuel Marsigny a déclaré à l’AFP vendredi : «C’est un dossier qui ne tient pas». Il faut dire que Koffi Olomidé est un habitué des barreaux. Ce n’est donc pas un exercice nouveau pour lui. Il a déjà été condamné dans son propre pays, la RD Congo, en 2012, à trois mois de prison avec sursis, pour violences contre son producteur.

Pour une agression sur un photographe en 2012, la Zambie avait émis, en 2018, un mandat d’arrêt à l’encontre du musicien congolais de Kinshasa. Il avait également été expulsé du Kenya, en 2016, pour avoir donné un coup de pied à l’une de ses danseuses.

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