
391.000 déplacés internes : le chiffre résume à lui seul l’ampleur du défi. C’est le nombre de réfugiés internes actuellement recensés dans la province du Tanganyika, dans le sud-est de la République démocratique du Congo. Une situation évoquée à Kinshasa par le gouverneur Christian Kitungwa Muteba, lors de l’atelier stratégique du Groupe de concertation Nexus Humanitaire-Développement-Paix (GCN-HDP), organisé sous l’égide du ministère de l’Intérieur.
Dans un contexte de crise persistante dans l’est de la RDC, le Tanganyika est l’une des provinces affectées par les mouvements de populations liés au conflit impliquant l’AFC/M23 dans les Kivus. Malgré un front relativement stabilisé ces derniers mois en raison de la pression exercée par les Etats-Unis, les affrontements et l’insécurité continuent de provoquer des déplacements de civils, notamment dans les zones d’Uvira, Fizi et Baraka, au Sud-Kivu.
Une partie de ces populations a trouvé refuge dans le Tanganyika voisin, déjà confronté à ses propres difficultés sécuritaires et humanitaires. Selon plusieurs organisations humanitaires, des dizaines de milliers de personnes venues du Sud-Kivu sont aujourd’hui présentes dans différentes localités de la province.

La masse démographique colossale des déplacés internes en RDC
Au niveau national, la RDC, compte plus de 6,5 millions de déplacés internes, selon des chiffres rendus publics par l’ONU fin avril 2026, principalement répartis entre le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri et le Tanganyika. Le Sud-Kivu figure parmi les provinces les plus touchées par cette crise humanitaire liée aux conflits armés dans l’est du pays.

Face à cette situation, le gouverneur du Tanganyika met en avant une approche centrée sur la stabilisation des territoires et le retour progressif des populations déplacées. À Kinshasa, Christian Kitungwa Muteba a insisté sur la nécessité de renforcer la résilience des communautés locales et de réduire la dépendance à l’aide humanitaire. « Il faut sortir d’une logique de court terme et bâtir des solutions de long terme », a insisté le jeune gouverneur connu pour son volontarisme.
Passer de 391.000 déplacés à 79.000 au Tanganyika
L’objectif annoncé par le gouverneur est de faire passer le nombre de déplacés internes de 391.000 à moins de 79.000 d’ici 2029. Une perspective qui dépendra en grande partie de l’évolution de la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, mais aussi de la capacité des autorités nationales et provinciales à rétablir des conditions de stabilité dans les zones concernées.
Au-delà de l’urgence humanitaire, la question des déplacés internes constitue un enjeu majeur pour plusieurs provinces de l’est du pays. Les conséquences du conflit dans les Kivus dépassent largement les seules zones de combat et continuent de peser sur les équilibres économiques et sociaux des provinces voisines, au premier rang desquelles figure le Tanganyika.




