Kinshasa accuse Kigali

Plus de témoins, plus d’observateurs, les massacres peuvent continuer. La rébellion du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) a expulsé dimanche de son quartier général de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo deux fonctionnaires de la Mission d’observation de l’ONU. L’envoyé spécial de Koffi Anan est déclaré persona non grata pour le mouvement rebelle soutenu par son puissant voisin, le Rwanda. Le personnel onusien est accusé  » d’apporter un soutien moral et financier aux forces négatives et terroristes « . En clair, de soutenir le gouvernement légal de Kinshasa.

Depuis quelques semaines, des informations concordantes, parvenant de Goma, font état de massacres de civils et d’opposants au RCD qui contrôle le tiers de la République démocratique du Congo. Aidés par l’armée rwandaise, les militaires de RCD s’en seraient même pris à leurs camarades, accusés de tiédeur. Cela a commencé par un appel de mutins à la radio invitant les Congolais à prendre les armes contre les  » envahisseurs rwandais « . Après avoir repris de force le siège de la radio, les troupes du RCD ont procédé au nettoyage par le vide à Kisangani. Bilan officiel : 54 morts. Les organisations humanitaires avancent le chiffre -prudent – de 200 morts.

Marginalisée par les accords de Sun city, qui ont vu le président Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba se partager le pouvoir, le mouvement rebelle, fidèle à Kigali, multiplie les actions d’éclat pour faire revenir ses partenaires à la table des négociations. En se débarrassant des représentants onusiens, le RCD se prive d’un intermédiaire important avec Kinshasa. Cette politique de terre brûlée risque de lui coûter très cher politiquement et le renforce dans son isolement.