Khadafi à Paris : sous le signe de la controverse

Mouammar Khadafi, le chef de l’Etat libyen, poursuit sa visite officielle en France. Près de dix milliards d’euros de contrats commerciaux ont été signés lundi, première journée de sa visite officielle. Mouammar Khadafi est actuellement reçu à l’Assemblée nationale où sa visite est boycottée par les députés de l’opposition.

Contre vents et marées, Mouammar Khadafi a planté sa tente bédouine à Paris. Le président libyen entame ce mardi la deuxième journée de sa visite controversée dans l’Hexagone. Son pays a notamment passé commande, lundi, de 21 Airbus, d’armes et d’un réacteur nucléaire destiné au dessalement de l’eau de mer. Au total, plus de 10 milliards d’euros de contrats ont été signés avec la France pour sa première visite officielle depuis 1973. Des contrats commerciaux qui font dire aux opposants à cette visite que le président français Nicolas Sarkozy a sacrifié les droits de l’homme sur l’autel de la « diplomatie du carnet de chèques ».

Une visite qui fait couler beaucoup de salive

Si ce ne sont pas les termes de Rama Yade, la secrétaire d’État aux Droits de l’homme, la critique n’en n’est pas moins virulente. Elle a confié au Parisien, dans un entretien publié lundi, que bien qu’elle ne soit pas opposée à la visite de Mouammar Khadafi, elle estime que la France « n’est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits ». La secrétaire d’Etat s’est faite rappelée à l’ordre par Nicolas Sarkozy. « Le président de la République lui a passé un savon pendant vingt minutes », rapporte l’édition en ligne du Figaro. Mais le chef de l’Etat lui a réitéré publiquement sa confiance. Sur France Inter, son ministre de tutelle, Bernard Kouchner a déclaré, pour sa part, que Rama Yade avait eu « raison de parler ainsi ». A noter que le ministre des Affaires étrangères est en déplacement à Bruxelles, la capitale belge de l’Europe, depuis lundi soir.

Outre les critiques dans son propre camp, Nicolas Sarkozy, qui s’est défendu en affirmant que « La France reçoit un chef d’Etat qui a choisi de renoncer définitivement à la possession de l’arme nucléaire », doit aussi faire face à celles qui émanent de l’opposition. « Khadafi va bientôt fêter ses quarante années de pouvoir et ni Pompidou, ni Giscard d’Estaing, ni Mitterrand, ni Chirac ne l’avait reçu. Je ne connais pas de socialistes qui avaient envie de le recevoir à l’Assemblée : c’est un lieu où ont été proclamés les droits de l’Homme, que vient-il y faire ? », s’est indigné François Hollande, le secrétaire général du Parti socialiste, sur les ondes de la radio française RTL.

Interdit de séjour dans l’hémicycle

Mouammar Khadafi est reçu ce mardi à l’Assemblée nationale, une visite boycotté par les députés de l’opposition et le guide de la révolution libyenne ne sera pas été autorisé à se rendre dans l’hémicycle comme il l’aurait souhaité. Cet après-midi, il prononcera un discours au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), où une rencontre avec la communauté africaine est prévue. Le dirigeant libyen sera de nouveau reçu mercredi par Nicolas Sarkozy qui a invité la Libye à « progresser sur le chemin des droits de l’Homme ». Mouammar Khadafi achèvera sa visite samedi.