Kérékou seul en piste

Le président sortant se succède, faute d’adversaires. Les deux leaders de la coalition ont annoncé leur retrait du second tour, prévu jeudi.

Le syndrome Bouteflika guette le futur président béninois, Mathieu Kérékou. Le syndrome du président élu au terme d’un scrutin boycotté par l’opposition. Et qui devra traîner le boulet d’un procès en légitimité jusqu’à la fin de son mandat. Après son principal rival, Nicéphore Soglo, du parti La Renaissance du Bénin, c’est au tour d’un autre des challengers du président sortant, Hadrien Houngbédji, d’annoncer, aujourd’hui lundi, qu’il ne se présentera pas au second tour des élections présidentielles du 22 mars.

Position commune

En troisième position, avec 12,3% des voix, le président du Parlement béninois avait été désigné par la Cour constitutionnelle pour se présenter contre Kérékou.  » Les motifs qui ont justifié la décision de Soglo n’ont pas disparu  » a expliqué Adrien Houngbedji. Manière de rappeler qu’il s’alignait sur la position de son allié. La Renaissance du Bénin et le Parti du Renouveau Démocratique d’Adrien Houngbedji avaient conclu une alliance. Le nombre total des voix de cette coalition accusait toutefois un retard d’environ six points sur le score officiel réalisé par le président sortant au premier tour, largement en tête, avec 45% des suffrages.

Nicéphore Soglo avait fondé sa décision de se retirer sur le refus de la Cour constitutionnelle de réviser les résultats, suite à  » l’omission de 350 000 bulletins « .  » Déjà la Commission nationale électorale autonome (Cena, Ndlr) avait fourni une liste électorale peu fiable. Voilà soudain que la Cour en sort une nouvelle de son chapeau qui est encore plus obscure et qui servira de référence au second tour. Ces élections ne sont pas transparentes. Il n’y a donc aucune raison de les cautionner « , affirme-t-on dans l’entourage de Nicéphore Soglo.

Mathieu Kérékou devra donc se chercher un nouveau challenger parmi les quatorze autres candidats à la magistrature suprême. Mais aucun d’entre eux ne devra compter sur les voix du poids lourd de l’opposition. Car ce dernier a appelé au boycott du scrutin.