Kenya : un prédicateur « proche » des Shebabs abattu

Le Kenya et sous haute tension et la police craint même des représailles après la prière de ce vendredi. La raison : le meurtre, ce jeudi, de quatre personnes, donc un prédicateur musulman supposé proche des Shebabs. Cet assassinat intervient seulement deux semaines après l’attaque de Nairobi ayant fait officiellement 67 morts.

Quatre personnes ont été tuées par balles ce jeudi dans la soirée à la sortie de Mombasa. Parmi les personnes abattues, un prédicateur musulman supposé proche des insurgés islamistes somaliens Shebabs. Son nom : Cheikh Ibrahim Ismail.

La police kényane est sur ses gardes, craignant un débordement après la prière du vendredi, et à juste raison. En effet, la mort du prédécesseur de Cheikh Ibrahim Ismail, Aboud Rogo Mohammed, qui prêchait dans la même mosquée, tué fin août 2012 dans des circonstances similaires, avait provoqué plusieurs jours d’émeutes. Ce qui pourrait bien se reproduire et la police n’écarte pas cette thèse dans cette localité à majorité musulmane. Tout comme lors de l’assassinat de ce jeudi, la police kényane avait été accusée lors du premier meurtre du prédicateur musulman tué en août 2012.

L’attentat de ce jeudi a été particulièrement violent. La voiture, vitres brisées et portes criblées de balles, a percuté, à une dizaine de km du centre-ville, l’accotement de la route côtière quittant Mombasa vers le nord, selon un journaliste de l’AFP. Sur les lieux de l’assassinat, un autre prédicateur radical, Aboubaker Shariff Ahmed, alias « Makaburi » (tombeau en swahili), a accusé la police d’avoir procédé une nouvelle fois à une « exécution pure et simple » de Cheikh Ibrahim Ismail et de ses camarades.

Les deux prédicateurs musulmans figuraient sur des listes de personnes visées par des sanctions établies par l’ONU et les Etats-Unis qui les accusaient de recruter de jeunes Kényans et de lever des fonds pour les Shebabs, liés à Al-Qaïda. Et selon l’AFP, sur cette liste figurait Aboubaker Shariff Ahmed.