Kenya : Nairobi frappé par un attentat

Le centre-ville de la capitale kényane, Nairobi, a été le théâtre d’un attentat, ce lundi matin, qui a fait au moins un mort, a priori le porteur de la bombe, et 31 blessés. Le Kenya est en alerte antiterroriste depuis janvier alors que les violences se multiplient à l’approche des élections générales qui auront lieu en fin d’année.

Un attentat a été perpétré, ce lundi matin, dans la capitale kényane, Nairobi, aux environs de 8h locales (5h GMT), à une heure d’affluence dans le centre-ville, près de l’hôtel l’Ambassadeur, fréquenté par de nombreux clients somaliens. L’explosion, qui a eu lieu à l’intérieur d’un café et à quelques blocs de l’ambassade américaine, a fait au moins un mort, le kamikaze présumé, et 31 blessés. Depuis janvier, le Kenya est en alerte antiterroriste du fait que le gouvernement soupçonne des militants islamistes, accusés de liens avec des groupes extrémistes, de s’être enrôlés en Somalie, pays en proie à une guerre civile depuis 1991. L’explosion fait ressurgir dans les esprits le spectre des attentats terroristes simultanés d’août 1998 contre l’ambassade des Etats-Unis à Nairobi et à Dar es-Salaam, en Tanzanie. Attribués à des groupes liés au réseau terroriste Al-Qaida, ils avaient fait 224 morts et près de 5 000 blessés.

Tension croissante à l’approche des élections générales

Selon la police kényane, le pays serait en proie à un regain de violence à l’approche des élections présidentielle, législative et locale qui se dérouleront en fin d’année. Cet attentat survient au moment où les forces de l’ordre sont engagées dans un bras de fer avec les membres de la secte Mungiki (« la foule » en langue kikuyu). Interdite depuis 2002, la secte, qui serait très liée aux milieux politiques kenyans, est connue pour ses activités criminelles au nombre desquelles l’extorsion de fonds, le meurtre ou encore le harcèlement sexuel. Au moins 38 de ses membres ont été tués par la police kényane, depuis une semaine, provoquant la panique chez les habitants de Mathare, le bidonville où se trouve le siège de Mungiki.