Kadhafi pour une coopération plus large entre l’Europe et le nord de l’Afrique

Mouammar Kadhafi a souhaité, mardi, au siège de l’Assemblée nationale française à Paris, que la coopération entre Tripoli et Paris ne se limite pas seulement aux deux pays, mais se repercute sur le continent africain, l’Union européenne (UE) et sur d’autres organisations qui les rassemblent, proposant l’élargissement du Groupe de dialogue euro-méditerranéen (5+ 5) à l’Egypte et à la Grèce, afin de regrouper le sud de l’Europe et le nord de l’Afrique.

Le Groupe 5+5, qui s’inscrit dans le cadre du dialogue euro-méditerranéen, est composé des cinq pays de l’Union du Maghreb arabe (UMA-Maroc, Algérie, Libye, Mauritanie et Tunisie) et de cinq pays européens (Espagne, France, Italie, Malte et Portugal), rappelle-t- on.

S’exprimant en présence du président de l’Assemblée nationale française Bernard Accoyer, des présidents des groupes parlementaires, et des membres du bureau de l’Assemblée, le leader libyen a exprimé son espoir de voir la Méditérranée « vivre en paix et en stabilité », appelant à des actions soutenues contre les problèmes de cet espace géographique.

Il a invité, à ce propos, les pays de cette région à accorder davantage d’intérêt au bassin méditérranéen, « devant le danger de la pollution, qui menace les ressources halieutiques et les végétations maritimes dans cette mer ».

Le colonel Kadhafi a noté que cet espace maritime est « menacé » par la présence militaire étrangère en dehors des pays riverains de la Méditérranée, estimant que la présence de navires transportant des armes atomiques et chimiques dans le bassin méditéranéen est « très inquiétante ».

Le leader libyen a également évoqué l’émigration clandestine croissante à travers la Méditerranée et a dénoncé, dans son intervention devant l’Assemblée nationale française, la pratique malveillante de certaines patrouilles de gardes-côtes visant à faire couler les bateaux des migrants clandestins sous le prétexte de mauvaises conditions climatiques en mer ou de dégradation de ces embarcations.

« La Méditérranée est dans une situation inconfortable et il convient d’oeuvrer à faire régner la stabilité et la coopération à travers les deux rives de cette mer », a-t-il insisté, soutenant le projet du président français, Nicolas Sarkozy, de l’Union méditérranéenne.

« Nous sommes sortis d’une ère vers une autre ère. Nous avons abondonné l’ère de la Guerre froide, de la lutte contre la ségrégation, la colonisation et et nous sommes entrés dans une autre ère qu’on espère dépourvue de guerre et on tirera profit des leçons du passé, étant donné que la question de la lutte armée pour l’indépendance et la liberté n’est plus posée », a déclaré le leader libyen.

« Aujourd’hui, nous appelons le capital étranger que nous avons refusé par le passé, et nous l’encourageons à retourner pour investir et nous proposons nos fonds pour l’investissement dans d’autres pays », a-t-il ajouté.

Cependant, le guide libyen a tenu à faire observer que la réalité de ces mutations a généré la « fièvre des miniorités raciales, religieuses et cultutrelles, qui ont peur du spectre de la mondialisation, et ont commencé à se replier sur elle-mêmes, combattent pour se défendre et défendre leurs droits ».

Il a donné à ce propos, l’exemple de la situation au Darfour, dans l’ouest du Soudan, « où le conflit tribal est motivé par des revendications appelant au partage des richesses et à la participation au pouvoir ».

« Le Livre Vert du penseur Mouammar Kadhafi stipule que la lutte pour le pouvoir se poursuivra tant que tous les gens ne sont pas associés à l’exercice du pouvoir et à la promulgation des lois relatives à la guerre, à la paix et au budget et tant que tous les gens ne sont pas associés aux richesses qui ne doivent pas être entre les mains d’une minorité au détriment de la majorité », a-t-il affirmé.

Le dirigeant libyen a d’autre part appelé à la promotion de la coopération entre l’Europe et l’Afrique, dans tous les domaines, sur la base du principe du respect et « de la non ingérence dans les affaires intérieures des autres ».

« L’ère de l’èlève et du professeur et des leçons est révolue. Personne ne peut faire du monde une seule copie. La diversité est à la base de la vie », a-t-il fulminé, faisant allusion à une certaine relation entre l’Europe et l’Afrique influencée par le colonialisme.

Le guide Moummar Kadhafi qui a entamé lundi une visite officielle de cinq jours en France, a été reçu ce mardi en fin de matinée dans les jardins de l’Assemblée nationale.