Jordan atterrit

Le basketteur le plus adulé de la planète, Michael Jordan, prend sa retraite à 40 ans. A 24 heures de la dernière valse,  » Mister airness  » fait encore des émules dans le monde du panier africain. Un troisième départ qui n’éloignera pas Jordan des parquets.

 » L’homme volant « ,  » le magnifique « , autant de superlatifs pour qualifier celui qui a révolutionné le basket-ball. En deux décennies, Michael Jordan a survolé la planète de la balle au panier. Parti et revenu deux fois à la compétition, l’attachement de l’homme au basket-ball et ses prouesses méritent un hommage.

Depuis 1984, date de son arrivée chez les Bulls de Chicago, Michael Jordan a multiplié les records. Les trophées et les prix glanés par  » Mister airness  » sont légion. Quatre fois meilleur joueur de la saison régulière, il a remporté deux trophées de slam dunk (concours de smatches). Meilleur défenseur en 1998, dix fois meilleur marqueur, il a à son actif six titres NBA.

Génération Jordan

Plus qu’un simple scoreur,  » His airness  » a démontré qu’il est un leader. Sa détermination et sa volonté de vaincre ont permis aux Bulls de Chicago de remporter le titre en 1991, 92 et 93 puis en 1996, 97 et 98. Son sens fédérateur, son nom et son image s’arrachent à prix d’or. Incontournable, il marque de son empreinte la décennie 90. Un label est né, la  » Air Jordan « . Au sommet de la gloire, Jordan fait des coups d’éclats. En 1993, il annonce sa retraite. Deux ans plus tard, il retrouve les Bulls qu’il quittera…pour revenir en 1999, cette fois chez les Wizards de Washington. A 40 ans, le sportif se retire en laissant derrière lui une oeuvre sur laquelle le milieu du basket africain ne tarit pas d’éloges.

Le temple du basket-ball à Philadelphie connaîtra une ambiance particulière ce mercredi 16 avril 2003. Le maître de la balle au panier y fera ses derniers adieux. Conquis par le talent de celui qu’il appelle  » le dieu « , Amichia Emmanuel, sélectionneur national de l’équipe ivoirienne, soutient que l’heure a sonné pour un départ triomphal de Jordan.  » Il part par la grande porte en laissant derrière lui une relève aussi talentueuse.  » La quarantaine entamée et un mal au genou persistant ont convaincu l’artiste de passer la main. Comme le dit Youssou Cissé, entraîneur à la Jeanne d’Arc de Vichy,  » ce départ permettra aux jeunes générations de sortir de l’ombre « .

Génie de la balle

Le départ de Jordan en retraite laissera sûrement un vide. D’après Youssou Cissé, les jeunes générations ne pourront pas faire oublier de sitôt  » le génie de la balle « . L’élégance et le charisme de l’athlète font de lui une exception dans le milieu.

Les prouesses techniques du joueur ont suscité des vocations nouvelles. Son sens de la créativité et son audace, en magnifiant ce sport, ont permis une adhésion totale  » de nos jeunes frères ici au pays « , indique Amichia Emmanuel. La balle au panier, dans nombre de pays africains, se démocratise de plus en plus.  » Certes, des efforts sont à faire pour le rendre plus accessible, mais le basket-ball vient juste après le football.  » La discipline est en progression dans le continent et des athlètes africains commencent à s’exporter. L’ombre de Jordan planera encore longtemps sur le continent.