John Inoni se lâche

Monsieur le DP de l’Autre Afrik, prière de publier cet échange à bâtons rompus avec John Inoni (sans doute un cousin du célèbre résident du quartier 13 bis, rue de la prison centrale Kondengui), qui affirme que vous avez systématiquement ignoré ses « lettres ouvertes ». Parce que selon lui elles ne contenaient pas de néologismes issus du Larousse 2013. Vous m’obligerez donc en publiant telles quelles ses idées, qui sont comprises et partagées par des millions de Camerounais anglophones. Pour faire bonne mesure, j’ai associé d’autres (courants d’) opinions qui ont également cours sur la question anglophone.

Lui : Monsieur le journaliste, dear sir… Le président a fêté le cinquantenaire de l’indépendance du southern Cameroon (Cameroun français, ndlr), le cinquantenaire des armées, le cinquantenaire de ses 29 ans, bref le cinquantenaire de tout, et nous, on n’a pas eu fête mais festival d’excuses, de retards, de biyaiseries… L’anglophobie de Mbiya être tribalisme francophone.

Moi : ça n’est pas tout à fait exact John. L’indépendance du premier janvier avait elle-même été ajournée, elle n’a pas été fêté le 1er janvier. Ce qui a été fêté, c’est bien la réunification, donc la fête du Cameroun, du Cameroon, du Kamerun… Il n’existe plus de northern Cameroon et de southern Cameroun depuis la réunification du 20 mai 1972 : toutes les célébrations devraient donc être nationales. Il n’y a pas deux nations en construction dans ce pays, quand même. L’idée même d’une célébration dédiée à la partie anglophone est une grave erreur de jugement.

Lui : Monsieur le journaliste, stop smoking « banga » ! ( : arrêtez de fumer de l’herbe, de dire n’importe quoi, ndlr) Quand toi épouser madame Noelle, la seule fête être désormais anniversaire de mariage ? Son anniversaire être coup d’état à votre mariage ? Les francophones pensent que bien placer un mot après un autre, c’est savoir construire immeubles et avoir toujours raisons : Fous ! Mais pas seuls fous : les anglos sont fous et ignorantes aussi. Les gens totalement aveugles, leur nez est chaque jour sur la face, ils ne le voient même pas passer. Pourquoi ça ? Je ne sais rien. Unité faire la force : seulement en faisant ceci qu’ils réussite à développer leur lieu. Seuls eux. Seulement aucun personne ou gouvernement fera pour eux. Ce n’est pas les big man de Fru Ndi et Akere ou Ben Muna qui le fera, mais la force des unités ensemble qui vous donnera la liberté et le développement ( : traduisez comme vous pouvez, ndlr).

Moi : what exactly are you or have you been trying to say? Whatever it is, your insults are not necessary for your point of view to be heard. (Quelque soit ton opinion sur tes compatriotes, les insultes ne servent à rien, ndlr)

Lui : Insults only help to highlight my point of view. Intelligent people would not dwell only on the insults but would proceed to understand the goodness of the truth behind the foul language. ( : quand on vit dans la peur de l’insulte, on n’entend que les insultes et l’on ignore les points essentiels du message, ndlr)

Moi : Que reprochez-vous à monsieur Biya, dont je ne suis ni défenseur ni partisan, mais qui très certainement vous lira ?

Lui : Est-ce que les Anglophones ont accordé permission à Delmonte pour utiliser leurs champs ? Est-ce que les anglophones ont accordé permission à Mbiya de voler leur entreprise CDC et de vendre ? Est-ce que les anglophones ont accordé permission à Mbiya et Ahidjo, ce pauvre office clerk, de changer le nom de Victoria à Limbé ? Ceci ne rien dire. Est-ce que les anglophones ont accordé à Mbiya le droit de changer le nom du Mont Fako à Mont Cameroon ? Est-ce que les Anglophones ont accordé permission à Mbiya d’autodafer leurs archives historiques à Buea et Bamenda ? Est-ce que les anglophones ont accordé permission à Mbiya le voleur en chef de puiser leur pétrole et vendre ? Etc, etc. La réponse c’est non, non, non… Et si on me donne un submarine nucléaire, je vas réduit tous ces imbéciles à la poussière. A une minute !

Moi : Je veux être sûr que nous nous entendons bien. Vous voulez donc une seconde indépendance pour votre région? Une autonomie ?

Lui : Monsieur le journaliste, les anglos ne veulent pas de succession (lire sécession, ndlr) mais égalité avec Français du Cameroon.

Moi : Vous voulez donc un grand dialogue national ?

Lui : Les francofous, aucun débat à avoir avec eux, ils ne savent pas que c’est notre culture anglophone qui gère le monde. Anglais, c’est unique « lingua franca ». Le français de vos ancêtres gaulois représente 2.1% d’information sur le net, contre plus de 80% de l’anglais de notre queen. C’est les Gaulois seulement, leurs descendants et quelques nègres d’Afrique qui parler encore cette langue qui ne vaut pas un pet de rat palmiste. (ndlr : la troisième langue officielle du Cameroun serait-elle l’invective ?)

Moi : Je pratique l’anglais monsieur INONI.

Lui : Ce sont les male-faiteurs et bandits comme toi qui s’est caché dans les bande-lieu de France ou dans le CEMAC. Tu t’appelle Ntsimi, tu parler anglais, mais tu n’es même pas anglophone, alors ne te cherche pas les problèmes avec les princes de la civilisation terrestre. Pauvre imbécile que tu sois, le monde nous appartient. Saloupard, infiltré, tu as même la gueule à nous parler ? Tu es né hier seulement et tu passes ta vie en cerveau bloqué, tu confondre tout comme journalistes du Hilton. Ce sont les gens comme toi qui me jetaient les pierres quand j’étais petit en allant à l’école en criant «Biafra go home ». Pour les francophones, tous les anglos être de la SCNC (mouvement séparatiste anglophone, ndlr)

Moi : Je m’appelle Tsimi, mais ne suis pas Ntsimi. Vous vous appelez Inoni, mais n’êtes pas en prison. Que chacun s’occupe bien de sa pomme et les récoltes seront abondantes pour tous.

Vox pop : y a-t-il un problème anglophone ?

Monsieur le DP, que soient incluses dans la publication les opinions reprises plus bas, qui montrent qu’au Cameroun ceux qui crient le plus haut ne sont pas toujours les seuls à penser et qu’il existe peut-être un modèle camerounais à élaborer davantage. J’avais avancé l’idée d’une unification linguistique dans une tribune, mais elle n’a rencontré ni lecteurs ni échos : l’ambiance dans ce pays n’est pas à la réflexion. Le Cameroun est trop occupé à compter ses prisonniers illustres.

Sir Alexander X : Listening a full-blooded Negro saying that he is an anglo-saxon is the most shameful stuff we have ever heard in our carreer. Let us tell you: some of you are a slave in their mind, so there is no need for chains in your case, no chance of rebellion. You are one with your « anglo-saxon » white master. When you talk about him, you say « WE ». You can simply not imagine yourself without your white master. (ndlr : ce diplomate qui a requis l’anonymat estime que les guerres interlinguistiques sont des combats d’arrière-garde et que les Camerounais ont des problèmes autrement sérieux à gérer. )

Mvondo : Ma’é mine yit à mekane, ngue mi na yi ki ne mi na wok ne bya yane kobo minkobo ya dza, minkobo b’issa aé be nane be nga lig bya. Mia ze soung é à bô ndoum à zan nseng aé minkobo mi bot be nga wé b’issa aé be nane bagan. Yé mia wok ki ossone ? (Mvondo s’exprime dans une langue nationale camerounaise, le bulu, ndlr : Je vais vous fesser si vous ne voulez pas comprendre que nous devons parler les langues de chez nous, les langues héritées de nos pères et mères. Vous venez vous disputer et vous battre en public pour les langues de ceux qui ont esclavagé et tué nos parents. Vous n’avez pas honte ?)

Evina : This is silly. I insist there is no problem between francophones and anglophones, at least not the anglophones I know. You will go up and down, but never be able to convince me. You say that if the two of us were equally qualified for a job in Cameroon, you would be called upon three times before me in any ministry! That is nonsense; you actually have the upperhand because you are a minority. The so-called affirmative action. If I go to Cameroon I will ask to be considered « anglophone » then I will definitely beat you on a job. (Ce francophone parfaitement bilingue estime qu’il a plus de chances d’obtenir un bel emploi au Cameroun en se faisant passer pour un anglophone. Il estime que dans ce pays et ailleurs, parler anglais est un avantage et nulle part au monde, parler anglais ne saurait être un handicap, ndlr)

Moi : Mon idée, au vu de tout ce qui précède est qu’il n’y a pas de problème anglophone au Cameroun, il n’y a pas de problème tribal au Cameroun, il y a surtout de graves problèmes de récupération politique de tous les problèmes sociaux qui appellent des réponses construites et collectives. Quant à la langue, il lui faut, particulièrement au Cameroun, un statut, une politique et, bien sûr, des institutions dédiées.