
Le sociologue britannique d’origine ghanéenne Jason Arday est décédé vendredi 14 août à Londres. Il avait démissionné quelques jours plus tôt, après plusieurs semaines de controverse autour de sa thèse et de son parcours.
L’ancien professeur de sociologie de l’éducation Jason Arday a été retrouvé sans vie dans un logement de Battersea, dans le sud de la capitale britannique. La police métropolitaine a indiqué que sa mort était inattendue, mais non considérée comme suspecte.
Jason Atta Kwei Arday était né le 9 mai 1985 à Londres, de parents originaires du Ghana. Son père était cuisinier et sa mère infirmière en santé mentale. Troisième d’une fratrie de quatre garçons, il avait grandi dans un logement social de Clapham.
De Clapham à Cambridge
Arday affirmait avoir été diagnostiqué dans son enfance avec un trouble du spectre autistique et un retard global du développement. Il expliquait avoir d’abord communiqué par la langue des signes avant de commencer à parler vers 11 ans, puis d’avoir appris à lire et à écrire à la fin de son adolescence. Un récit aujourd’hui remis en cause par plusieurs enquêtes journalistiques.
Après un doctorat obtenu en 2015 à la Liverpool John Moores University, il avait enseigné l’éducation physique à la Leeds Beckett University puis à l’université de Roehampton, avant de rejoindre les départements de sociologie des universités de Durham et de Glasgow. Ses travaux portaient sur les inégalités raciales et l’accès à l’enseignement supérieur pour les étudiants défavorisés. En mars 2023, à 37 ans, sa nomination à Cambridge avait fait de lui le plus jeune professeur noir de l’histoire de l’institution anglaise.
Une fin de parcours marquée par la controverse
Les dernières semaines de sa vie ont fortement assombri sa trajectoire. Jason Arday était visé par des accusations de plagiat concernant sa thèse, ainsi que par des doutes sur certains exploits sportifs et levées de fonds qu’il revendiquait. Tout en niant toute intention de tromper, il avait présenté sa démission le 5 août, peu après l’ouverture d’une enquête interne par Cambridge.

Dans sa lettre de départ, il évoquait des accusations et une pression publique devenues insupportables pour lui et ses proches. Son décès survient trois jours seulement après la parution aux États-Unis de ses mémoires, Great and Unfortunate Things.
Dans un communiqué diffusé par son éditeur Simon & Schuster, sa famille a dénoncé la pression subie depuis sa nomination à Cambridge. Elle a cependant précisé ne pas établir de lien direct, à ce stade, avec les circonstances de sa mort.




