Israël : plus de 30 000 migrants africains ont manifesté à Tel-Aviv

Plus de 30 000 demandeurs d’asile africains, entrés clandestinement en Israël, ont manifesté, ce dimanche 5 décembre, à Tel-Aviv pour réclamer un statut de réfugié.

Rassemblés sur la place Yizhak Rabin, « plus de 30 000 manifestants ont défilé dans le calme à Tel-Aviv » ce dimanche, a déclaré à l’AFP une porte-parole de la police. Ces demandeurs d’asile africains entrés clandestinement en Israël dénoncent le refus des autorités israéliennes d’examiner leurs demandes de statut de réfugié. Ils ont également exprimé leur colère face au placement en rétention de centaines d’entre eux.

« Nous sommes tous des réfugiés ! Oui à la liberté, non à la prison », scandaient-ils en anglais, soutenus par des militants israéliens et brandissant des drapeaux érythréens et éthiopiens. Par la suite, il y eut beaucoup de discours à l’issue desquels, une grève de trois jours sur leurs lieux de travail a également été décrétée par les migrants africains, particulièrement employés dans la restauration et l’hôtellerie.

« Nous avons fui des persécutions, des dictatures, des guerres civiles, des génocides. Le gouvernement israélien doit étudier nos demandes d’asile et nous traiter comme des êtres humains (…). Au lieu de nous considérer comme des réfugiés, le gouvernement israélien nous traite comme des criminels », a déclaré à l’AFP un Erythréen entré clandestinement en Israël il y a déjà quatre ans.

Il faut noter que le 10 décembre dernier, une loi a été votée, permettant le placement en rétention, d’une durée allant jusqu’à un an, des immigrés clandestins, sans procès. Le même mois, un centre de rétention surnommé Holot a été ouvert dans le sud d’Israël. Les occupants sont libres la journée mais doivent tout de même venir pointer trois fois par jour et y passer la nuit. Selon une estimation des autorités israéliennes rapportée par l’AFP, 60 000 migrants africains seraient entrés clandestinement en Israël.

En 2013, Israël a achevé la construction d’une clôture électronique le long des 230 km de frontière avec l’Egypte, permettant de mettre fin au nombre d’entrées illégales.