Ismaël Lô Chevalier de la légion d’honneur

Ismaël Lô va être fait Chevalier de la légion d’honneur française, lundi, à Dakar. L’artiste sénégalais, star de la world music à l’instar de son homologue Youssou N’Dour, dédie cette récompense à l’Afrique. Parcours d’un maître mélodiste et de l’une des plus grandes figures du mbalax.

L’ambassadeur de France au Sénégal va élever Ismaël Lô au rang de Chevalier de la légion d’honneur. Prévue pour juillet dernier, la cérémonie a été repoussée à cause de la tournée européenne de la star sénégalaise de la world music. Celui que l’on surnomme le  » Bob Dylan africain  » dédie sa décoration à l’ensemble des artistes du Continent.

Né au Niger d’une mère peule et d’un père sénégalais, Ismaël Lô grandit à Rufisque, dans la banlieue de Dakar. Il manifeste très tôt des qualités artistiques qu’il se contente d’exploiter à ses heures perdues sur des guitares qu’il confectionne lui-même. Car ses parents – et en particulier son père – voient d’un très mauvais oeil l’arrivée d’un musicien dans la famille. Ce n’est qu’à la mort de ce dernier qu’il décide d’embrasser une carrière artistique en entrant à l’Institut des arts de Dakar.

Artiste folk

Entre la musique et la peinture, son coeur balance. C’est à la faveur d’une émission de télé que ses talents de chanteur éclatent. Sa carrière commence. Après avoir intégré le célèbre orchestre mbalax du Super Diamono, Ismaël décide de voler de ses propres ailes pour entamer en 1970 une carrière solo. Il s’affranchi du mbalax pur et dur pour choisir une ligne plus folk. L’homme à la guitare, auteur, compositeur et interprète, séduit par la force de ses mélodies.

Mais il lui faudra attendre cinq albums avant de connaître un véritable succès international. En signant en 1990 sur un grand label français (Barclay) un sixième opus qui porte tout simplement son nom, Ismaël Lô installe sa notoriété avec un titre en particulier :  » Tajabone « . Un tube grâce auquel l’artiste devient l’une des grandes figures africaines de la world music.

Découverte RFI 92

De tournées en festivals, Ismaël se construit. Radio France Internationale couronne finalement l’artiste lui en décernant le prix RFI Sacem à son concours découverte en 1992. Suivra l’album Iso (Polygram), deux ans plus tard, qui achèvera de conquérir le coeur de ses fans toujours plus nombreux en France et ailleurs.

Bien qu’il chante souvent en bambara ou en wolof, et parfois en français, la sensibilité artistique d’Ismaël ne connaît pas de frontière. Promenant son éternelle guitare, il écume les scènes du monde entier et – sans jamais pervertir sa musique- n’hésite pas à aller à la rencontre d’autres artistes aux univers différents. Grand ami du chanteur kabyle Idir, avec qui il fera d’ailleurs un duo, on le retrouve également sur l’album du Suisse Daniel Eicher.

Déjà décoré en France

La distinction qu’il recevra lundi lui est accordée  » pour ses qualités artistiques, ses valeurs humaines et son action pour la Francophonie « . Ce n’est pas la première fois que la France décore l’artiste sénégalais qui a déjà été sacré Chevalier de l’Ordre français des Arts et des Lettres. Un titre récompensant  » les mérites des Français ou des étrangers qui se sont illustrés par leur oeuvre artistique ou littéraire « .

A 46 ans, Ismaël Lô, dédie sa nouvelle médaille à  » tous les artistes sénégalais et plus largement africains « . De retour d’un grande tournée européenne, il fait actuellement la promotion de son dernier album, Dabah. Album hommage au chef religieux Dabah Malik décédé en 1997.

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