intraitable Amérique

Deux nouvelles en provenance d’Outre-Atlantique sont parvenues en Afrique dans la première semaine de juillet : mises côte à côte, elles ne racontent pourtant qu’une triste vérité, celle de l’indifférence croissante d’une puissance hégémonique tournée vers ses propres intérêts, et peu soucieuse de contribuer au décollage des pays les moins avancés.

Première nouvelle : la légalisation des signatures électroniques. Après plusieurs pays européens, qui ont reconnu au cours des derniers mois la valeur des signatures électroniques tant pour des conventions commerciales ou des règlements bancaires que pour des déclarations fiscales, les Etats-Unis ouvrent donc ce nouveau boulevard pour le développement de la « nouvelle économie », et du commerce virtuel, donnant la même valeur juridique aux codes électroniques qu’aux signatures manuscrites…

A Philadelphie, où était organisée la cérémonie, le Président Bill Clinton a tenu à préciser en apposant, de son stylo, son paraphe au bas du document, que « cette loi apportera un nouvel élan à ce qui est déjà la plus longue période d’expansion économique de notre histoire, qui a été fondée en grande partie sur la croissance phénoménale des technologies de l’information et en particulier d’Internet ».

Le drame – qui constitue la seconde mauvaise nouvelle -, c’est que cette bonne santé florissante ne convainc pas le Congrès américain de débloquer significativement le processus du désendettement des pays pauvres, puisque les représentants et les sénateurs ne mettent pas à la disposition de l’administration Clinton les budgets qui seraient nécessaires pour ce faire…

Le ministre français délégué à la Coopération, Charles Josselin, a ainsi déploré vendredi 30 juin cette surdité des Etats-Unis aux besoins criants du continent africain, affronté lui aussi à la nécessité de s’adapter aux nouvelles règles de l’économie mondiale, sans avoir été pour autant débarrassé du fardeau de la dette qui freine l’adaptation et la croissance de nombreux pays.

Il faut souhaiter que prenant la présidence de l’Union Européenne, la France parvienne au moins, au cours des six prochains mois, à enclencher la dynamique du désendettement, comme le souhaitait également Charles Josselin, comme une politique cohérente de l’ensemble de la zone Europe.