Intervention militaire au Nord-Mali : des zones d’ombre subsistent

Dioncounda Traoré, le président malien de la transition, ne souhaite pas le déploiement de troupes de la Cedeao pour reconquérir le Nord mais seulement un soutien logistique de l’organisation. De multiples zones d’ombre demeurent dans l’opération militaire que prépare Bamako, alors que l’armée malienne est dépitée.

Dioncounda Traoré a cédé à la volonté du leader des putschistes capitaine Amadou Sanogo, qui refuse toute intervention militaire extérieure dans le Nord-Mali. Le président malien de la transition a affirmé dans un courrier adressé le 1er septembre à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest que le Mali « ne souhaite pas le déploiement de forces militaires combattantes étrangères sur son territoire mais sollicite l’aide de l’Afrique de l’Ouest, notamment au plan logistique, pour récupérer le Nord aux mains d’islamistes » armés. « Par contre, le déploiement d’unités de police constituées ou de forces militaires combattantes est sans objet », a-t-il précisé. Cette aide, selon Dioncounda Traoré, « pourrait se matérialiser de différentes manières, dont le renforcement des capacités anti-terroristes et des moyens techniques », sollicitant également une aide pour la réorganisation des forces armées et de sécurité du Mali.

Des zones d’ombre

De multiples zones d’ombre entourent l’opération militaire de reconquête du Nord-Mali que prépare Bamako. Comment l’armée malienne, décousue, compte-t-elle faire face aux islamistes en étant seulement appuyée par une aide logistique étrangère? Quand est-ce que aura lieu cette intervention? Quel pays s’engagera dans cette bataille? Sachant que l’Algérie a déjà déclaré forfait. Alger refuse catégoriquement de s’engager dans le conflit malien, craignant un retour de bâtons des islamistes sur son territoire. Tant de questions auxquelles les autorités maliennes n’ont pas encore apporté de réponses.

Le Mali préoccupe ses voisins

Suite au coup d’Etat mené contre Amadou Toumani Touré, les islamistes se sont très vite emparés du Nord-Mali. Et les autorités à Bamako semblent de plus en plus dépassées par la situation. En attendant, les deux mouvements qui occupent le terrain, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et Ançar Dine sèment la terreur au sein de la population. Ils se disent prêts à se battre jusqu’à la dernière « goutte de leur sang » contre toute force militaire qui les combattrait. Leur objectif, c’est d’instaurer la charia, la loi islamique, dans tout le pays, en se servant du Nord-Mali comme base arrière pour mener à bien leurs projets.

Actuellement, aucun chef d’Etat voisin du Mali ne dort sur ses deux oreilles. Tous savent que la crise malienne pourrait se propager très rapidement chez eux et devenir incontrôlable.

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