Internet haut-débit : l’Afrique de l’Ouest dans les starting-blocks

France Télécom et un consortium de 20 membres du secteur des télécommunications ont signé un accord samedi pour construire un câble sous-marin entre l’Europe et l’Afrique du Sud. Ce câble en fibre optique permettra de fournir 19 pays africains en haut-débit d’ici 2012.

Les joies du haut débit pour l’Afrique de l’Ouest. Un câble en fibre optique de 17 000 km reliera 23 pays de la France à l’Afrique du Sud à partir de 2012. L’agrément de construction est signé et le câble construit mais « l’exploration des fonds sous-marins, pour l’implanter dans des zones non-protégées et autorisées prendra un an et demi, précise Didier Duriez, directeur des réseaux internationaux d’Orange. La pose durera un an, puis il faudra connecter le câble au réseau existant », ajoute-t-il.

Le système ACE (Africa Coast to Europe) sera le premier câble sous-marin à desservir 23 pays africains et européens. Gambie, Guinée, Guinée Equatoriale, Libéria, Mauritanie, Namibie, République Démocratique du Congo, Sao Tomé-et-Principe et la Sierra Leone seront pour la première fois reliés à un câble sous-marin. Il connectera également l’Afrique du Sud, l’Angola, le Bénin, le Togo, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, l’Espagne, la France, le Gabon, le Ghana, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Portugal, le Sénégal. Le Mali et le Niger, qui ne disposent pas d’un accès à la mer, seront connectés via un câble terrestre.

Didier Duriez admet que cela ne va « pas directement changer la vie des Africains à faible revenu. Mais indirectement si, s’empresse-t-il d’ajouter, car les opérateurs africains vont pouvoir proposer des offres à moindre coût. »

Une baisse de prix attendue

Cet investissement d’environ 700 millions de dollars (587 millions d’euros), dont 250 à la charge de France Télécom-Orange, devrait permettre à terme de réduire les prix du haut débit. « Le coût dépend principalement de la connectivité domestique. La partie internationale ne représente que 20 à 25 %. Mais sur cette partie-là, les prix vont clairement baisser : la réduction du coût unitaire à terme sera d’au moins 50%», affirme Didier Duriez.

La Guinée-Equatoriale est le seul pays dans lequel l’Etat a lui-même participé à l’investissement. Pour les autres, le financement est indirect : l’Etat détient des parts des entreprises de télécommunication.

Le câble pourra permettre un débit allant jusqu’à 5 térabits, « mais la qualité dépendra des infrastructures du pays, qui dépendent de nous lorsque nous sommes opérateurs, mais pas dans les autres pays », précise Didier Duriez. Pour que le câble puisse fonctionner au mieux, il faudra développer les infrastructures du sans-fil. Tout un programme.