Immigration : Brice Hortefeux fait du chiffre

Brice Hortefeux est l’élève brillant du gouvernement français. Il a rempli son terrible contrat en terme de quotas. Le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale a avancé, mardi, lors d’une conférence de presse, le chiffre de 29 796 expulsions de sans-papiers pour 2008, soit un résultat en augmentation de plus de 28,5 % par rapport à l’année précédente. Il a également évoqué les engagements pris par la France en matière de lutte contre l’immigration clandestine et les accords conclus avec les pays africains dans le cadre de la gestion concertée des flux migratoires.

En 2008, Brice Hortefeux a dépassé ses objectifs. Le ministre de l’Immigration a annoncé avec «fierté», mardi, lors d’une conférence de presse, un total de 29 796 expulsions de sans-papiers (d’« éloignements » dans le jargon ministériel), pour l’année 2008. Un résultat, en augmentation de plus de 28,5 % par rapport à l’année précédente, qui doit réjouir le président français Nicolas Sarkozy.

« Ces chiffres sont le signe et la preuve que, conformément aux souhaits de nos concitoyens, la France a enfin retrouvé la maîtrise de ses flux migratoires », a expliqué Brice Hortefeux, devant un parterre de journalistes. Pourtant, le ministre français de l’Immigration ne fait pas l’unanimité. Selon le palmarès de l’institut de sondages Ipsos du 5 janvier, Brice Hortefeux, avec seulement 30 % d’opinions favorables, fait partie des sept ministres du gouvernement « majoritairement impopulaires ».

La lutte contre l’immigration clandestine

Mais, Brice Hortefeux s’en moque. Derrière son pupitre, il annonce, fièrement, ses chiffres. La hausse très importante des retours volontaires : 10 072, une augmentation de plus de 204 %, qui constituent le tiers du total des expulsions. Un résultat qui, selon le ministre de l’Immigration, est dû à la bonne compréhension de la politique de l’immigration par les sans-papiers. Pour les étrangers les plus récalcitrants, le ministère a la solution. Il a mobilisé des services de police et de gendarmerie, l’inspection du travail… pour des opérations dites « coups de poing ». « Les contrôles se sont particulièrement intensifiés dans les secteurs du bâtiment, de restauration, du gardiennage et de la confection », a précisé le ministre. Sur toute l’année 2008, 3277 employés étrangers en situation irrégulière ont été interpellés.

Autre thème, autre résultats. Brice Hortefeux a évoqué la lutte engagée par la France contre les passeurs, les fraudeurs et les marchands de sommeil qui « exploitent le misère humaine ». « Nous avons interpellé 4314 personnes exploitants des immigrés en situation irrégulière en 2008. Parmi ces personnes, on a dénombré 1562 passeurs et 861 marchands de sommeil et démantelé 101 filières ». Dans la bouche du ministre, les chiffres s’enchaînent, déshumanisés, et tous en hausse par rapport à l’année 2007.

Partenariat entre la France et les pays africains

Le ministre de l’Immigration ne cache pas sa satisfaction quand il décrit ses relations avec les pays africains et les accords sur la gestion des flux migratoires conclus avec eux. « En 19 mois, j’ai effectué 22 visites officielles en Afrique et j’ai reçu par deux fois les ambassadeurs africains, pour expliquer et promouvoir l’action de la France et de l’Europe en matière d’immigration », indique Brice Hortefeux. « Depuis ma prise de fonctions, j’ai signé 8 accords de gestion concertée des flux migratoires et de développement solidaire, dont 3 en 2007 (Gabon, Congo, Bénin), 4 en 2008 (Sénégal, Tunisie, Maurice et Cap Vert) et 1 en 2009 (Burkina Faso) », fanfaronne-t-il.

Mais, Brice Hortefeux n’a pas réussi sur toute la ligne. Le Mali refuse toujours de signer cet accord sur la gestion des flux migratoires. Mais le ministère ne se décourage pas, et Brice Hortefeux se veut rassurant. « Entre la France et le Mali, ça se passe bien. On se concerte sur ce protocole dans un climat amicale et chaleureux. Il ne reste plus qu’à statuer sur le nombre de cartes de séjours professionnels pour que l’accord soit validé », indique le ministre. A l’écouter parler, ces accords ne représenteraient que des avantages. Pourtant, ils participent, dans le cadre de la politique d’immigration choisie, à la fuite des cerveaux, nécessaires aux pays africains.

Dans le gouvernement français, Brice Hortefeux est le seul à avoir rempli ses objectifs en 2008, loin devant les ministres français de l’Economie, Christine Lagarde, et de la Justice, Rachida Dati. On aurait mieux aimer le contraire. Espérons, tout de même, que son successeur à ce poste, Eric Besson, ne fasse pas mieux que lui en 2009…

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