il pleut en Afghanistan et en Afrique

600 000 dollars pour un missile Tomahawk. Il paraît qu’il en pleut beaucoup à Kaboul. La saison des Tomahawks a débuté dimanche dernier en Afghanistan. Elle risque de durer. En Afrique subsaharienne, c’est aussi la fin de la saison des pluies. Il paraît aussi qu’il y avait une bonne récolte de coton et de cacao. Mais les prix des matières premières ne cessent de chuter. Une baisse qui a commencé avant les attentas du 11 septembre. Et qui devient vertigineuse depuis dimanche. La Banque mondiale prédit une récession importante pour l’Afrique. Guerre universelle.

Les pays musulmans et arabes sont tiraillés entre leur soutien aux Etats-Unis et leur rue. Le terrorisme, ils le vivent dans leur chair. Plus de 150 000 morts en Algérie. Et l’on assiste à des revirements spectaculaires. Le Soudan, honni hier par l’Amérique, redevient fréquentable. Rien n’a changé dans le régime théocratique de Khartoum. Sauf que des entreprises de forage ont trouvé un immense gisement pétrolier. Les régimes totalitaires profitent de cette aubaine, la lutte contre le terrorisme, pour se refaire une légitimité, une virginité. Aucune capitale arabe ou musulmane n’a voulu se pencher sur le vivier terroriste, sur le lit du terrorisme. La rue ne veut pas du choix entre la peste et le choléra, entre la dictature en place et l’islamisme.

Palestine humiliée. Même dans leurs cauchemars les plus affreux, les Palestiniens ne pensaient pas avoir un aussi inepte ambassadeur que Ben Laden. Le quotidien El Watan a raison quand il affirme que  » la cause palestinienne continue d’être le fonds de commerce qu’utilisent tous les faussaires, tous les aventuriers et tous les potentats arabes pour justifier des comportements qui n’ont rien à voir avec elle « .

 » Depuis 1948, tous les dictateurs arabes ont exploité le drame du peuple palestinien, à des fins de politique intérieure, notamment pour réprimer les oppositions internes et faire diversion « . Pour lutter efficacement contre la violence, il faut aussi penser à assécher son lit : le mépris, l’humiliation et l’injustice.