Idriss Deby mal réélu au premier tour

Le président tchadien, Idriss Deby, a été réélu au premier tour avec 67,35% des suffrages exprimés, très loin devant l’opposant Ngarledjy Yorongar, crédité de 13,94 % des voix. Seulement, le président doit faire face à une opposition résolue qui dénonce une  » mascarade électorale « . N’Djamena est sous le choc.

N’Djamena, 14 h 50.  » Le centre ville est calme. Les magasins sont ouverts et les Toyota bourrées de militaires de la garde présidentielle n’arrêtent pas de patrouiller. La population est sous le choc. Il n’y a pas réellement de tension pour le moment car les habitants attendant la fin du conclave des Six ( les partis d’opposition, ndlr). Ils viennent juste d’être relâchés par le ministre de l’Intérieur. Ils ont été interpellés ce matin par les forces de l’ordre « , remarque Djonko Maoundé, journaliste à  » N’Djaména-Hebdo « .

Le président Idriss Deby plébiscité par plus de deux Tchadiens sur trois, selon les chiffres officiels, doit faire face à une opposition remontée et décidée à contester cette  » victoire frauduleuse « . Déjà ce week-end, la Commission électorale nationale indépendante qui a rendu publics les résultats a vu huit de ses membres démissionner pour  » irrégularités et fraudes « . Tous les chiffres officieux donnaient un net avantage au bouillonnant député Ngarledjy Yorongar.

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Deby prend le large

Très tôt ce matin, les membres de la garde présidentielle ont dispersé les militants de l’opposition qui devaient assister à un meeting à l’hippodrome de N’Djamena, organisé par les candidats malheureux. La capitale tchadienne est plongée dans un calme que certains jugent précaire. Le député Ngarledjy Yorongar déclare que ces résultats sont nuls car  » la fraude était massive « . Il menace de faire sortir ses militants dans la rue.

Les militaires ont tiré en l’air, ce matin, pour disperser les militants qui s’étaient massés devant le domicile du président de l’Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR, opposition), Saleh Kebzabo, où étaient réunis les ténors de l’opposition.  » Les forces de l’ordre nous ont amené au centre de sûreté et le ministre de l’Intérieur nous y a rejoints. Il voulait nous dissuader d’organiser des meetings. Mais nous avons décidé d’en organiser un demain. Nous demandons l’annulation de ces élections « , tranche Salah Kebzabo.

Les partis d’opposition sont décidés à faire pression sur Idriss Deby pour qu’il revoie ses copies. Et pour la première fois, ils parlent d’une seule voix.