IBM propose une offre de logiciels pour concurrencer Microsoft en Afrique

Le marché africain de l’informatique offre, malgré la crise économique mondiale, de fortes perspectives de développement. La firme IBM projette donc d’y lancer une suite logicielle complète sur le système d’exploitation Ubuntu, dérivé de Linux. Il s’agit pour la société de concurrencer l’offre de Microsoft, mais la concurrence la plus féroce vient peut-être du milieu du logiciel libre lui-même, qui présente déjà gratuitement ce qu’IBM entend vendre à 10 dollars par mois.

Le marché africain, nouvel eldorado de l’informatique ? Alors que les perspectives de développement sont faibles dans les pays développés, les entreprises du secteur se tournent de plus en plus vers l’Afrique. Avec une prévision de croissance de 2,3% cette année, son marché devrait représenter 22,1 milliards de dollars (environ 15 milliards d’euros) selon les estimations de la firme IDC, citées ce mercredi par le Wall Street Journal.

La société IBM entend désormais concurrencer Microsoft dans la vente de logiciels. L’offre est destinée aux utilisateurs de Netbooks, ces ordinateurs à faible coût vendus à environ 300 dollars (200 euros), dont le nombre devrait quadrupler dans les prochaines années pour atteindre un volume de ventes de 139 millions de dollars en 2013 (94 millions d’euros), à en croire ABI Research, cité par Bloomberg.com. Elle comprend entre autres un navigateur, un système de messagerie et une suite bureautique, pour empiéter sur le domaine réservé de Microsoft.

L’ensemble a été développé en collaboration avec l’entreprise britannique Canonical, fondée à l’origine en Afrique du Sud, et connue pour le système d’exploitation libre Ubuntu, dérivé de Linux. Ce produit sera proposé sous forme de téléchargement, pour un abonnement à 10 dollars par mois (6,7 euros).

La concurrence du logiciel libre

De nombreux distributeurs de logiciels et ONG tentent de faire la promotion du logiciel libre auprès des entreprises et gouvernements africains. Mais les intéressés préfèrent le plus souvent Microsoft Windows, pour l’impression de sécurité procurée. La société étasunienne sait proposer des prix négociés à certains clients importants, afin de conserver son influence, et l’offensive d’IBM pourrait renforcer cette pression vers le bas.

Toutefois, un utilisateur assidu de Linux, interrogé sur les perspectives offertes, se montre plus que dubitatif : « Il existe déjà une offre gratuite, avec entre autres OpenOffice, alors pourquoi avoir à payer ? ». D’autant que l’abonnement mensuel revient au final assez cher.

Probablement s’agit-il pour IBM de jouer, comme son concurrent, sur la notoriété de son nom pour convaincre les utilisateurs, parfois au détriment du strict rapport coûts/avantages. Selon le Wall Street Journal, la résistance à l’abandon de Windows par les gouvernements et entreprises repose en partie dans la volonté d’éviter les risques de bogues. Une confiance illusoire, selon l’adepte du logiciel libre questionné : « Chacun sait qu’il existe un nombre de bugs et de virus bien plus important sous un système d’exploitation Windows ! ».

Il existe enfin une raison simple de relativiser cette emprise des géants de l’informatique : une importante proportion des ordinateurs sous Windows fonctionne avec une licence piratée