Histoire vraie : où un analyste financier donne des cours de grammaire publics…

Cela se passe dans un agrégateur d’informations camerounais. Où, le 07 décembre dernier, Jean-Marie Moukam prend sur lui de corriger Mouangue Kobila, coupable à ses yeux de ne pas maîtriser la langue.

Dans une correspondance d’une admirable concision, monsieur Moukam, qui se présente comme un analyste financier ayant une parfaite maîtrise de sa grammaire, décrète ainsi, pontifiant, que :

1 – « James Mouangue Kobila auquel il prétend s’être tant dévoué ».
Pour votre gouverne, le pronom relatif « auquel » est utilisé pour faire référence à une chose et nom à un être humain.

Vous auriez dû donc écrire : « …James Mouangue Kobila pour qui il prétend s’être tant dévoué ».

Ma réponse : « auquel » est dans la phrase citée un pronom relatif qui est parfaitement à sa place. « Pour qui il prétend » dites-vous ? A vos propres oreilles, votre suggestion sonne-t-elle juste ?

2 – Le mot « car » est une conjonction de coordination. Elle permet de joindre deux phrases ou deux sous- phrases, ou encore deux éléments de même fonction syntaxique et généralement de même nature grammaticale. Elle ne se place donc jamais en début de phrase.
Ma réponse : Qu’est-ce que c’est une sous-phrase ? Toutes les conjonctions de coordination peuvent se placer en début de phrase. Une phrase se termine par un point, pour la coordonner à une autre, on peut choisir d’utiliser en début de phrase une conjonction de coordination. Dans les cas alternatifs, elle coordonne deux propositions à l’intérieur d’une même phrase.
Je ne vous réponds d’ailleurs que pour atténuer la pollution des jeunes esprits à laquelle vous vous livrez par ignorance davantage que par pure méchanceté.

3 – Par respect pour l’enseignement supérieur de mon pays dont vous êtes un des produits, j’ai choisi de ne pas aller plus loin dans l’énumération des apories qui jalonnent votre texte.
Ma réponse : vous n’avez « cité » aucune aporie (contradiction insurmontable), vous avez énuméré des fautes qui révèlent davantage vos insuffisances que celle de Mouangué kobila, au niveau duquel vous voulez vous élever par une critique inintelligente. Je n’ai pas lu le texte incriminé, mais si les imperfections que vous lui trouvez se limitent à ce que vous nous avez présenté, alors votre sortie ne vaut rien et Maurice Kamto sort rabaissé d’une défense si lacunaire.

Quand cet énigmatique Moukam écrit : « Ces multiples entorses causées à la langue française par le professeur agrégé que vous êtes, sont sans doute révélatrices aussi bien de votre valeur réelle que de la pauvreté de vos connaissances linguistiques. » Peut-il seulement expliquer la présence d’une virgule entre « êtes » et « sont », quand auparavant il a oublié d’en mettre une après la locution nominale « langue française » ?

Vous n’êtes pas rendu plus malin pour avoir pointé deux incorrections dans un texte de 12.000 signes en en faisant vous-même dix dans un texte de 500 signes. Les attaques, tant qu’elles sont argumentées et à visage découvert, ne font pas de mal à la société.