Hissène Habré arrêté par la police sénégalaise

Alors que le Sénégal s’etait déclaré vendredi incompétent pour se prononcer sur la demande d’extradition d’Hissène Habré vers la Belgique, l’ancien Président tchadien a été de nouveau arrêté ce matin par la police sénégalaise. Il pourrait être confié à l’Union africaine, permettant au Sénégal de se débarrasser de cet encombrant fardeau.

L’ancien président tchadien Hissène Habré a été arrêté samedi par la police sénégalaise et conduit dans les
locaux de la Division des investigations criminelles (DIC).

Selon plusieurs radios sénégalaises qui ont retransmis en direct les péripéties de cette arrestation, plusieurs policiers conduits par un de leurs responsables sont allés cueillir M. Habré chez lui dans un quartier résidentiel de Dakar, en présence d’un de ses avocats.

Interrogés par les radios sur ce nouveau rebondissement dans
l’affaire Habré, ses conseils Doudou Ndoye et Elhadj Diouf ont vivement dénoncé le caractère « illégal » de la méthode utilisée par la police, parlant d' »enlèvement » et de « séquestration » de leur client.

Pour sa part, le ministère de l’Intérieur a publié un arrêté
expliquant les raisons de cette nouvelle arrestation de M. Habré, qui se justifierait par la volonté des autorités sénégalaises de le mettre à la disposition de l’Union africaine.

On rappelle que la cour d’appel du Sénégal s’est déclarée
incompétente vendredi sur la demande d’extradition par la justice belge de l’ancien président tchadien, recherché pour atrocités et violations massives des droits de l’homme commises lorsqu’il était au pouvoir dans son pays entre 1982 et 1990.

Agé de 63 ans, Hissène Habré vit au Sénégal depuis sa chute et bénéficie du soutien d’une large frange de la population sénégalaise opposée à son extradition, tandis que de nombreuses organisations de droits d’homme militent pour qu’il soit jugé en Afrique ou dans un pays comme la Belgique, en vertu de sa loi de compétence universelle.

Il avait été arrêté le 15 novembre dernier à Dakar en vertu d’un mandat d’arrêt international de la justice belge et était détenu au Pavillon spécial d’un grand hôpital de Dakar en attendant que la cour d’appel se prononce sur son cas.

On rappelle que le président Abdoulaye Wade avait manifesté son intention de livrer l’ancien président tchadien à un pays capable de le juger, avant d’annoncer, plus récemment, qu’il allait se concerter sur cette affaire avec certains de ses pairs africains.

Mise à jour dimanche 27/11/2005 à 11h

L’ancien président tchadien, Hissène Habré, a regagné son domicile à Dakar samedi en début d’après-midi, après sa brève arrestation par la police sénégalaise qui l’avait conduit pour interrogatoire dans les locaux de la Division des investigations criminelles (DIC).

Il a été interpellé sur la base d’un arrêté du ministre de
l’Intérieur, Ousmane Ngom, le sommant de quitter le pays dans les prochaines 48 heures pour aller se mettre à la disposition du président en exercice de l’Union africaine (UA), le chef de l’Etat nigérian Olusegun Obasanjo.

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