Henriette Konan Bédié : beau pseudo pour un escroc

Attention, votre messagerie Internet peut vous jouer des tours ! Ne répondez pas aux messages alléchants qui vous promettent des millions pour aider  » Henriette « . Vous risquez de vous faire dépouiller par des escrocs.

Le  » Nouvel Observateur  » paru le 14 septembre nous confie, par les voix de Natacha Tatu et de Stéphane Arteta, une étrange histoire d’escroquerie sur Internet. Depuis une dizaine d’années, des messages circulent en ligne, demandant de l’aide à des particuliers pour sortir de l’argent d’Afrique en échange d’une somme des plus alléchantes.

L’arnaque a débuté au Nigeria et s’est étendue à toute l’Afrique. Elle fonctionne grâce à sa vraisemblance. Ben Malumeja, spécialiste de ce sujet à Interpol, a confié à l’hebdomadaire français que  » les scénarios de ces messages se fondent toujours sur des faits réels, ce qui les rend plausibles « . En effet les expéditeurs de ces messages sont tous liés de près ou de loin à la politique africaine actuelle. Ainsi, vous pouvez recevoir un message de  » Henriette Konan Bédié « , femme de l’ancien président de Côte d’Ivoire, vous demandant de l’aide pour transférer 35 millions de dollars du Bénin, où ils seraient cachés, jusqu’à la France. Mais pas d’illusions à se faire, Henriette ne vous connaît pas, pas plus d’ailleurs que  » Charles  » le frère cadet du capitaine de l’armée de terre ivoirienne, ou que quelques prétendus proches de  » Mobutu « .

Ces escrocs expérimentés utilisent tous les annuaires, fichiers et listing d’entreprises afin de trouver de nouveaux pigeons.

Un  » 419  » reçu par le  » Nouvel Obs « 

Cette escroquerie, déjà très répandue dans l’Afrique de l’ouest, est bien connue des services de police. Ces derniers ont eux aussi reçu de tels messages, appelés  » 419 « , en référence au nom de l’article du code pénal britannique qui réprime ces arnaques.

Les deux journalistes du  » Nouvel Observateur  » ont personnellement fait l’expérience de ces pratiques en répondant à un  » 419 « . Contactés par l’avocat de  » Henriette « , Maître Keita, ils devaient tout d’abord ouvrir un compte à la banque de Cotonou, capitale du Bénin, et l’approvisionner à hauteur de 2 500 dollars. Par la suite, ils devaient se présenter à l’aéroport de Cotonou avec 12 000 dollars en liquide, des téléphones portables et des montres. Ils ne se sont bien sûr pas présentés au rendez-vous. L’arroseur arrosé, Maître Keita, une fois mis au courant de la supercherie, a feint l’innocence et s’est empressé de rompre le contact.

Ces pratiques se multiplient, et malgré l’information croissante à ce sujet de nombreuses personnes sont encore victimes de ces escrocs du net. Un exemple frappant est celui d’Edward Mezvinsky, ancien député démocrate de Pennsylvanie, qui a perdu plus de 5 millions de francs en répondant à l’un de ces messages.

Le  » 419 « , n’en déplaise aux naïfs qui en font les frais, souligne que l’Afrique n’est pas la dernière à avoir trouvé et utilisé les failles d’Internet.