« Hééé Mariamou !»

Affiche du spectacle

Maïmouna Coulibaly a écrit et mis en scène le spectacle dansant Hééé Mariamou !, qui se joue du 8 au 26 mai à Paris. Un spectacle militant où, à travers l’histoire d’une adolescente d’origine malienne, elle démonte nombre de préjugés. Une pièce 100% d’actualité.

On connaissait Maïmouna Coulibaly professeur de danse, animatrice sur la chaîne Trace TV, comédienne et doubleuse. On peut maintenant la découvrir metteur en scène et comédienne dans Hééé Mariamou !. Jusque fin mai, elle incarne Mariamou, une adolescente tiraillée entre ses origines maliennes et sa culture française. Une comédie ponctuée de respirations musicales, où la compagnie de danse de Maïmouna Coulibaly, les Ambianceuses, nous en font voir de toutes les couleurs avec leurs chorégraphies saccadées, chaloupées, voire sensuelles.

La pièce de Maïmouna Coulibaly revient avec finesse sur les clichés ou préjugés qui frappent les immigrés, leurs enfants et les jeunes. On parle de l’éducation sexuelle à l’école qui scandalise la mère de Mariamou, de l’excision, du désir de plaire, du mariage forcé, de l’esclavage, du mépris que doivent affronter les immigrés dans certaines administrations… Des sujets graves et d’autre plus légers abordés sans lourdeur : le maître mot reste de prendre du bon temps, même s’il n’est pas interdit de réfléchir… Un objectif que la petite compagnie de bénévoles, ayant diverses origines, atteint aisément, en gardant le sourire et une fraîcheur qui ragaillardissent.

Toujours d’actualité 8 ans après

Comment est né Hééé Mariamou ! ? C’est une vieille histoire. « En 1998, une formatrice d’éducateurs à la PJJ (Protection Judiciaire de la Jeunesse, ndlr) m’a demandé de monter une petite pièce de théâtre qui mêlerait danse et jeu, avec des saynètes incluant les problèmes de la double culture. J’ai repris toutes mes frustrations, les insultes subies dans ma jeunesse, le racisme, les préjugés… Envers ma mère et moi-même. J’ai voulu sortir tous les maux et les incompréhensions », explique la jeune mère de 32 ans.

En 1999, la représentation jouit d’un succès auquel elle ne s’attend pas. Les années passent, et un événement la pousse à ressortir la pièce des cartons. « Au moment des événements de novembre 2005, avec « le Kärcher » et « la racaille » de Sarkozy, j’ai été très touchée, se souvient la danseuse de talent originaire de Grigny, en banlieue parisienne. Je ne savais pas quoi faire. D’entendre toutes les conneries dites à la télé ou dans les journaux sur les cités, sur les motivations des casseurs, la façon dont ils les jugeaient sans savoir, j’ai voulu m’exprimer, donner mon point de vue. A travers ce que je sais faire de mieux, la danse et le théâtre. »

Elle fait alors un triste constat : « La pièce était toujours d’actualité: les choses n’ont pas évolué mais plutôt régressé dans les banlieues ». C’est pourquoi cette militante du droit à la diversité a mis son talent artistique au service de son principal combat. Ce qui lui tient le plus à cœur est « que tous les gens soient égaux. Qu’on soit tous considérés de la même façon, sans a priori. Que ce soit dans un sens ou dans l’autre ».

 « Hééé Mariamou !»

Du 8 au 26 mai 2007, sauf les dimanches et lundis

Théâtre des Déchargeurs : 3 Rue des Déchargeurs 75001 Paris

Métro Châtelet

Tarifs de 10,50 à 18 euros

Réservations : 08 92 70 12 28 (34 cts/min)