Guinée : Mohamed Diallo « a reçu une balle en plein cœur »

On en sait un peu plus sur les circonstances de la mort du journaliste d’AFRIK.COM, Mohamed Diallo, abattu ce vendredi, en Guinée. Notre collègue aurait reçu une balle en plein cœur.

Mohamed Diallo a reçu une balle en plein cœur, après deux coups de feu. Il est mort sur le coup. C’est ce qu’a indiqué un de ses confrères guinéens joint par AFRIK.COM. Selon ce témoin, c’est au moment où tout le monde fuyait qu’il a remarqué une personne allongée par terre. Il s’agissait de Mohamed Diallo.

Ce journaliste guinéen qui confie avoir été convié par le correspondant d’AFRIK.COM, le vendredi à 8 heures, pour qu’ils se rendent ensemble au QG du parti dans l’après-midi, précise que Mohamed Diallo est décédé bien avant d’arriver à l’hôpital, car la balle lui avait transpercé le cœur. Notre correspondant, qui souffrait déjà de problèmes cardiaques, n’a pu résister au coup reçu. Il a donc rendu l’âme.
Selon ce témoin des faits, Mohamed Diallo a dit ce vendredi matin, qu’il voulait se rendre tôt à la manifestation. « Un journaliste doit toujours arriver en avance pour percevoir ce qui va se passer », a notamment soutenu le défunt, qui ignorait qu’il avait rendez-vous avec la mort.

Pour rappel, Mohamed Diallo a été le premier journaliste à avoir parlé d’Ebola. Lorsqu’il parlait des faits, la maladie n’était pas encore identifiée comme étant Ebola. Ce scoop de Mohamed Diallo avait été une brèche saisie par certains médias qui accusaient le premier site d’informations africaines en ligne « d’avoir tiré la sonnette d’alarme pour rien, à cause de ses papiers qui étaient alarmants ».

Quelques jours plus tard, il s’est avéré que notre correspondant avait fait le travail qu’il fallait, en évoquant une maladie mystérieuse qui avait fait des morts en zone forestière. Cette maladie, qui s’est trouvée être Ebola, a fini par faire 11 300 morts en Guinée, Sierra Leone et autre Liberia.

Mohamed Diallo a été tué lors d’affrontements qui ont opposé, ce vendredi 5 février 2016, les militants de Cellou Dalein Diallo à ceux de Bah Oury, leaders du même parti de l’opposition guinéenne, l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG).