Guinée : marche funèbre de l’opposition à Conakry

L’opposition guinéenne a inhumé mercredi 22 mai six de ses militants tués lors de la dernière manifestation qu’elle a organisée au début du mois de mai. La marche funèbre s’est déroulée sans incident majeur.

(De notre correspondant)

L’opposition enterre ses morts. Comme il est de coutume, à chaque fois que ses militants sont tués par les forces de l’ordre lors des manifestations politiques pour réclamer l’organisation des élections législatives, l’opposition organise une marche funèbre pour leur rendre un dernier hommage. Ce mercredi, six opposants tués lors de la marche du 2 mai ont regagné leur dernier demeure au cimetière de Bambéto.

A 12 heures, les leaders de l’opposition, à savoir le chef de file de l’opposition et président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) Cellou Dalein Diallo ; le président de l’Union des forces républicaines (UFR) Sidya Touré ; le leader de l’AFAG Baidy Aribot et le président des NFD Mouctar Diallo, ont procédé à la levée des six corps à la morgue de l’hôpital Donka. Après la prière de 14 heures à la Grande mosquée Fayçal, le cortège funèbre s’est ébranlé vers le cimetière de Bambéto sur une distance de plus de dix kilomètres.

Le long du trajet, les militants et sympathisants de l’opposition scandaient en chœur des slogans hostiles au régime. Du genre :
« Alpha assassin » ; « Allah Akbar (dieu est grand ndlr) ». Lorsque le cortège est arrivé au niveau du siège du parti au pouvoir, le RPG situé à Hamdallaye, de petits accrochages ont éclaté entre les marcheurs et les forces de sécurité. C’est à 15heures que les six morts ont été inhumés au cimetière de Bambéto.

Une autre marche prévue

L’opposition appelle ses militants à marcher à nouveau ce jeudi à Conakry et sur l’ensemble du territoire national pour réclamer l’organisation des élections législatives libres et transparentes. D’ores et déjà, le gouverneur de la ville de Conakry, Sékou Resco Camara, a refusé l’itinéraire proposé par l’opposition. La journée de demain risque d’être émaillée de violences puisque les leaders tiennent coûte que coûte à manifester sur l’autoroute Fidel Castro.