Guinée : les manifestations de l’opposition font un mort

Des manifestations se sont déroulées dans plusieurs villes de Guinée, ce jeudi, à l’appel de l’opposition qui conteste le calendrier électoral. Elles ont fait un mort et plusieurs blessés.

L’opposition avait appelé à manifester, ce jeudi 23 avril 2015, pour s’opposer au calendrier électoral. Le mot d’ordre a été suivi dans plusieurs villes de la Guinée, malgré la présence massive des forces de l’ordre. Un manifestant a été tué à Labé, dans le centre-nord du pays.

Une quinzaine de blessés

Cette localité, fief de Cellou Dalein Diallo, chef de l’Union des Forces démocratiques de Guinée (l’UFDG), le principal parti d’opposition, a été le théâtre d’affrontements les plus violents. Un manifestant a été tué après avoir reçu des multiples coups à la tête, rapporte RFI, probablement par les forces de l’ordre. Une quinzaine de personnes ont été blessées par balle et une trentaine interpellées, selon l’UFDG.

L’opposition réclame la tenue des élections communales prévues en mars 2016 avant l’élection présidentielle qui doit se tenir en octobre prochain, par crainte que le personnel communal nommé par le pouvoir faute d’élection depuis 2005, n’influence le scrutin en faveur du régime en place.

Des manifestations interdites

Elle a dénoncé le déploiement massif des forces de l’ordre face à des manifestants pacifiques. Les commerces avaient fermé à Conakry où plusieurs rassemblements de faible envergure se sont tenus dans la commune de la capitale. Les chefs de l’opposition se sont plaints d’avoir été interdits par les forces de l’ordre de rejoindre les mouvements par une présence massive de policiers devant leur domicile.

Le conseiller spécial à la Présidence, Rachid Ndiaye, a critiqué la tenue de ces manifestations qui avaient pourtant été précédemment interdites. Il appelle l’opposition à respecter le calendrier électoral fixé par la Commission électorale national indépendante (CENI), composée de façon paritaire par la majorité et l’opposition, selon lui.

Le Président Alpha Condé, le premier président démocratiquement élu en Guinée, a, cette semaine, déclaré son opposition à toute modification du calendrier électoral.