Guinée : Lansana Conté attend les propositions des syndicats

Le chef de l’Etat guinéen, le général Lansana Conté, a demandé à des responsables syndicaux qu’il a rencontrés vendredi, de lui faire, dans les 24 heures, une proposition écrite en vue de trouver des solutions durables à la grève générale entamée mercredi dernier sur toute l’étendue du territoire guinéen, a annoncé une source syndicale.

Selon les responsables des quatre principales centrales syndicales qui ont appelé à la grève générale, le général Conté, qui paraissait fatigué par sa maladie, « est hors sujet », pour leur avoir dit qu’il ne savait pas qu’une grève avait commencé dans son pays.

« Le président Conté nous a divertis par des propos qui n’avaient rien à voir avec notre mouvement », a révélé un syndicaliste, qui a déclaré que M. Conté leur a fait part de son désir de retourner dans son village, « si on ne plus de lui ».

L’entretien entre Conté et les syndicalistes s’est déroulé dans la cour du Palais des Nations qui sert de lieu d’audiences au président guinéen depuis plusieurs mois à cause, dit-on dans son entourage, de son diabète et de sa leucémie qui l’empêchent d’escalader les escaliers de son bureau.

Aucun accord n’a encore été trouvé

Les responsables syndicaux avaient rencontré le chef d’état- major général des armées, le général Kerfala Camara, ainsi que le président de l’Assemblée nationale, Aboubacar Somparé, mais n’ont trouvé aucune solution à leurs doléances portant sur le retour en prison des amis de Conté (Mamadou Sylla, PDG de Futurelec et Fodé Soumah, ex-ministre des Sports) poursuivis pour complicité de détournement et détournement de deniers publics.

Les grévistes exigent également le retrait de l’équipe gouvernementale de Alpha Ibrahima Kéira, beau-frère de Conté et ministre des Transports, limogé récemment avant de retrouver son fauteuil 72 heures plus tard. Ils réclament la baisse du prix de l’essence à la pompe dont le litre coute 5.500 francs guinéens (1 dollar US = 6.000 FG).

Quatre jours après le déclenchement de la grève, le transport inter urbain reprend doucement dans la capitale guinéenne où les marchés sont ouverts. Les commerces, les banques et les services restent fermés.