Guinée : la marche de l’opposition tourne au vinaigre

Les leaders de l’opposition ont organisé une marche jeudi à Conakry pour protester contre le décret pris par le président Alpha Condé. Ce dernier à convoqué les Guinéens aux urnes le 30 juin prochain pour les élections législatives. De violents affrontements ont éclaté entre forces de sécurité et jeunes militants de l’opposition au cours de la marche.

La Guinée renoue avec la violence. Après la marche du 27 février qui a fait neuf morts, dont un policier, cette autre manifestation de l’opposition a enregistré des échauffourées à plusieurs endroits de Conakry entre forces de sécurité et militants de l’opposition. Au moins 15 personnes auraient été blessées. Aux environs de 12h, le gouvernement faisait état de deux blessés et plusieurs personnes interpellées.

Etant autorisé par le gouvernement guinéen, le gouverneur de la ville de Conakry, le commandant Sékou Resco Camara a, dans un communiqué rendu public tard dans la nuit du mercredi, changé l’itinéraire de la marche qu’avait prévu l’opposition. Au lieu de l’autoroute Fidel Castro allant de l’aéroport jusqu’au pond 8 novembre, à la rentrée du centre ville comme le prévoyait l’opposition, le gouverneur a invité les opposants à prendre l’itinéraire Hamdallaye-esplanade du stade du 28 septembre. Proposition que l’opposition a refusée.

L’axe Bambéto-Aéroport

Convaincus de braver l’interdiction faite par le gouverneur de la ville de Conakry, les leaders de l’opposition accompagnés de leurs militants se sont heurtés au cordon sécuritaire des forces de sécurité qui mène sur l’autoroute Fidel Castro sur l’axe Bambéto-Aéroport en banlieue de Conakry. A ce niveau, les forces de sécurité essentiellement composées de polices et de gendarmes ont usé de bombes à gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Ce qui a provoqué la colère des manifestants qui ont répliqué par les jets de pierres contre les forces de sécurité.

Des leaders interpellés puis libérer

Aboubacar Sylla, porte-parole de l’opposition, également président de l’Union des forces du changement, et Charles Pascal Tolno du PPG, ont été arrêtés par les forces de sécurité. Ils ont été aussitôt libérés grâce à l’intervention du ministre des Droits de l’Homme et des libertés publiques, Gassama Diaby. « Nous avons été brutalisés puis conduits manu militari à la police de CMIS de Camayenne. Ensuite, on n’a été conduits à la police judiciaire où nous avons été entendus », nous a confié Aboubacar Sylla.

Depuis deux ans, le gouvernement et l’opposition peinent à trouver un accord sur les modalités de l’organisation des élections législatives libres et transparentes. Les opposants réclament le départ de l’opérateur sud-africain Waymark et la participation des Guinéens de l’étranger au vote. Récemment, la goutte d’eau qui a fait débordé le vase, c’est la convocation des Guinéens aux urnes le 30 juin prochain par le président Alpha Condé. « Il n’y aura pas d’élection en Guinée tant que Waymark sera là », a prévenu l’opposant, Boubacar Barry.