Guinée: ballet diplomatique sur fond de crise

La présidente du Libéria et son homologue sierra léonais étaient, mardi, en Guinée. Ils se sont déclarés satisfaits des entretiens avec leur hôte, le général Lansana Conté, sur la situation intérieure du pays. Le même jour, les Nations unies débloquaient 2,3 millions de dollars US pour l’achat de matériel médical et de médicaments en faveur des blessés enregistrés lors des manifestations.

Avec Panapress

La Guinée est secouée par une grave crise née de la grève générale déclenchée le 10 janvier par les syndicats et qui a fait plus d’une centaine de morts et de nombreux blessés.

Selon la présidente libérienne, Ellen Johnson Sirleaf, le général Conté, après de larges explications sur les incidents survenus en Guinée au cours de la grève, a montré « une hauteur de vue et d’esprit », promettant de trouver dans un bref délai, des solutions adéquates à la crise socio-politique. « Le général Conté nous a dit qu’il sera désormais à l’écoute des syndicats, de la société civile et des chefs religieux en vue d’étudier rapidement leurs suggestions positives dans la perspective de mettre fin à la situation de chaos qui frappe la Guinée, estimant que des personnes mal intentionnées ont récupéré la grève pour mettre la Guinée dans une situation de guerre civile », a-t-elle déclaré. « Il nous a assuré qu’il allait satisfaire tout le monde et promouvoir la paix dans un pays qui n’a besoin que de développement. »

Pour sa part, le chef de l’Etat sierra léonais, le Dr Ahmad Tejan Kabbah, a indiqué qu’aucune rébellion ne sera plus possible à la porte d’un des pays de l’union du Fleuve Mano. « Nous ne tolérerons plus de rébellion dans nos pays dont les trois dirigeants ont pris l’engagement d’oeuvrer en faveur de la paix et de la stabilité », a-t-il dit.

Les deux présidents ont été raccompagnés en début d’après-midi par Lansana Conté à l’aéroport international de Conakry Gbessia.

La Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avait dépêché, samedi dernier, dans la capitale guinéenne, l’ancien président nigérian Ibrahima Badamassi Babaginda, qui s’est entretenu avec Lansana Conté et plusieurs diplomates et chefs de missions diplomatiques accrédités en Guinée. Il a indiqué à la presse que des menaces réelles de rébellion existent à côté de la crise guinéenne et qu’il faut « à tout prix » chercher des solutions de sortie de crise.

2,3 millions USD des Nations unies à la Guinée

Le Fonds central d’intervention des Nations unies a débloqué en faveur de la Guinée, mardi, une enveloppe de 2,3 millions de dollars US. Elle financera l’achat de matériel médical et de médicaments afin de soigner les blessés enregistrés lors des manifestations qui ont ponctué la grève générale de l’inter-centrale syndicale, déclenchée depuis le 10 janvier et qui a fait plus d’une centaine de morts.

L’enveloppe devrait servir aussi à acheter des moyens de communication et de transport et à assurer l’acheminement aérien de tous les matériels dans les 14 hôpitaux et 21 centres de Santé disseminés à travers le pays.

L’Organisme des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) et le Programme alimentaire mondial (PAM) sont chargés de l’exécution du programme salué par les autorités guinéennes qui assurent que des fonds supplémentaires sont requis.

Quelque 500 blessés, dont 145 hospitalisés, ont été admis, souligne- t-on de source hospitalière, au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Donka dont des responsables ont indiqué que l’état de santé des malades s’améliore.

Sur le terrain, le calme est revenu dans la capitale, tandis qu’au centre du pays, des responsables et militants du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) du Pr Alpha Condé sont pourchassés et arrêtés par les forces de l’ordre qui les accusent d’être les auteurs des pillages et de la mise à sac de plusieurs édifices publics et privés de leurs localités.

En dépit de l’allègement, intervenu lundi, du couvre-feu qui est de rigueur de 18h à 6h, la grève continue dans tout le pays et les syndicalistes refusent toujours d’aller à la table des négociations pour discuter avec les présidents des institutions républicaines et des chefs religieux.

Des tractations sont en cours par les ramener à la table des négociations qu’ils ont boudée, disent-ils, à cause de l’Etat de siège en vigueur dans le pays depuis le 12 février et qui devrait prendre fin le 23 février.