Guinée : Alpha Condé interdit « temporairement » les manifestations politiques

Le Président guinéen, Alpha Condé

Élu pour un troisième mandat controversé à la tête de la Guinée, le Président Alpha Condé a annoncé l’interdiction des manifestations politiques dans tout le pays, jusqu’à nouvel ordre, invoquant la pandémie du Coronavirus. Mais l’opposition a dénoncé cette décision, affirmant que le gouvernement utilisait la pandémie pour faire taire les opposants.

Cette interdiction intervient alors que le principal opposant du Pr Alpha Condé et chef du parti de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée, Mamadou Cellou Dalein Diallo, lors de la récente élection présidentielle, a appelé à une manifestation, mercredi, contre ce qu’il qualifie de « hold-up » électoral, en plus de et de l’arrestation de plusieurs de ses dirigeants après l’élection.

Au cours d’une année de tensions provoquées par la candidature du Président Alpha Condé pour un troisième mandat, les autorités ont interdit, à plusieurs reprises, les rassemblements de l’opposition. Ils ont fait valoir le risque de troubles ou de propagation de la maladie à Coronavirus. Ces interdictions avaient auparavant été prononcées sur une base consensuelle.

Le porte-parole du gouvernement guinéen l’a qualifiée de « mesure exceptionnelle justifiée par l’état d’urgence » sanitaire, officiellement introduite pour lutter contre la pandémie. Il a déclaré que la mesure « temporaire » sera levée lorsque « des progrès significatifs » auront été réalisés dans le combat que mène ce pays d’Afrique de l’Ouest contre le Coronavirus.

Au pouvoir depuis plus de 10 ans, Alpha Condé (82 ans), a été déclaré vainqueur par la Cour constitutionnelle, lors du dernier scrutin présidentiel du 18 octobre 2020. Mais, Mamadou Cellou Dalein Diallo, chef du parti Union des Forces Démocratiques de Guinée, revendique la victoire à cette Présidentielle et dénonce une fraude massive.

A noter que cette interdiction temporaire de manifester renvoie à la position de Human Rights Watch qui avait exprimé ses soupçons selon lesquels « le gouvernement utilise la pandémie comme excuse pour réprimer la dissidence et violer les droits humains ».