Guillaume Soro accusé de « crime de guerre » et d’« assassinat » devant une juridiction française

Guillaume Soro
Guillaume Soro

L’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne est à nouveau dans le collimateur de la justice. Alors qu’une condamnation de 20 ans de prison a récemment été prononcée à son encontre, en Côte d’Ivoire, une nouvelle plainte le vise en France pour « crime de guerre » et « assassinat ».

L’homme politique ivoirien Guillaume Soro n’est pas au bout de ses peines en matière d’ennuis judiciaires. Le mardi 28 avril, le tribunal d’Abidjan-Plateau l’avait condamné à une peine d’emprisonnement de 20 ans, à cinq ans de privation de droits civiques et au versement d’une amende de 4,5 milliards de francs CFA. Si l’ancien poulain du Président Alassane Ouattara est resté serein après ce verdict, il se pourrait qu’il se retrouve, d’ici peu devant, la justice française pour le nouveau dossier dans lequel il est visé.

Les plaignants sont 6 personnes de nationalité française et ivoirienne se constituant partie civile. Ils accusent l’homme politique d’être le commanditaire de la mort de cinq individus ; des membres et anciens membres de la rébellion dont Ibrahima Coulibaly, tué en avril 2011 à quelques jours de la victoire du Président Ouattara et de son camp. L’ex-chef rebelle aurait commis ces actes dans le but d’imposer son leadership au groupe.

Parmi les plaignants fuigurerait la fille d’Ibrahima Coulibaly. La partie civile accuse Guillaume Soro d’avoir envoyé les hommes du FRCI arrêter puis ôter la vie à Ibrahima Coulibaly dont le corps a été abandonné en pleine rue, après le forfait. Après s’être débarrassé d’Ibrahima Coulibaly, qui représentait un concurrent de taille, Guillaume Soro aurait également fait exécuter son frère Soualio Coulibaly et Issiaka Timité.

Un dossier lié au prochain scrutin présidentiel ?

En 2004, l’ex-parlementaire ivoirien aurait également fait tuer Abdoulaye Doumbia et Kassoum Bamba. Si les plaignants sont convaincus de ce que Guillaume Soro est le commanditaire de ces meurtres et prétendent détenir les preuves de leurs accusations, pourquoi porter plainte en 2020 à quelques mois du scrutin présidentiel dans lequel l’homme politique est candidat et pourquoi en France ? Pourquoi ne pas saisir les juridictions ivoiriennes ?

À cette question, une avocate des plaignants, Me Noémie Saidi-Cottier, assure que les plaintes n’ont aucun lien avec le calendrier électoral ivoirien et qu’ils travaillent sur ce dossier depuis un long moment. Elle explique que les plaintes ont été déposées en France parce que le mis en cause s’y trouve actuellement.