Guérilla ninja au Congo

Les affrontements entre les Forces armées congolaises et les miliciens du pasteur Bitsangou auraient déjà fait six morts parmi les militaires et trente-huit dans les rangs des rebelles. La région du Pool est sous haute tension.

Six morts dans les rangs des forces régulières, trente-huit parmi les miliciens du pasteur Frédérick Bitsangou, alias Ntoumi, tel était mercredi le bilan officiel des affrontements entre les forces gouvernementales congolaises et les rebelles ninjas dans la région du Pool. Des accrochages dans la nuit de mercredi à jeudi auraient également occasionné quelques blessés à Goma Tsé-Tsé, à 50 km au sud de Brazzaville.

Le bras de fer entre l’armée congolaise et le chef militaro-religieux Ntoumi se poursuit dans le sang. Nouveau chapitre d’une guerre que beaucoup voudraient oublier. Trois ans après l’arrêt officiel de la seconde guerre civile congolaise, le pays subit un regain de violence depuis le 29 mars dernier. Date à laquelle des miliciens Ninjas avaient attaqué des positions militaires dans leur fief du Pool.

Combats sporadiques

Mais c’est l’attaque, le 2 avril dernier, du train civil Brazzaville-Pointe Noire entre les gares du Kinkembo et de Kingoyi, qui a précipité la vaste contre-offensive gouvernementale. Une opération d’envergure visant à stabiliser la zone d’action du pasteur Ntoumi avant d’y envoyer des médiateurs. La liaison ferroviaire entre la capitale et la ville côtière est depuis lors fermée.

Le coup de filet, opéré mercredi, par les troupes de Sassou Nguesso dans les quartiers sud de Brazzaville – acquis aux ex-miliciens – pour récupérer des armes illégales a suscité un vif émoi dans la population. Certains avaient même repris le chemin de l’exode avant que les autorités militaires n’annoncent que les tirs à l’arme automatique entendus dans la capitale n’étaient que des tirs de semonce.

La tension n’est pas retombée pour autant. Les hommes de Ntoumi continuent leurs actions de guérilla à travers des combats sporadiques. Une situation prise très au sérieux par le gouvernement, réuni toute la matinée de vendredi en conseil des ministres.

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