Grogne des électeurs ivoiriens à Paris

A l’appel du Mouvement Sauvons la Côte d’Ivoire (MSCI), une cinquantaine de personnes ont manifesté jeudi, place Victor Hugo dans le 16ième arrondissement parisien, non loin de l’ambassade de Côte d’Ivoire en France. Ils ont organisé un sit-in avec l’espoir de se voir restituer leurs cartes d’identité et d’électeurs.

Ils n’ont pas pu voter et veulent le faire savoir. Bravant le froid parisien, une cinquantaine de personnes ont effectué un sit-in jeudi place Victor Hugo, non loin de l’ambassade de Côte d’Ivoire en France, dans le 16ième arrondissement parisien. A l’appel du Mouvement Sauvons la Côte d’Ivoire (MSCI), Ils souhaitaient dénoncer l’organisation et le déroulement du premier tour de l‘élection présidentielle ivoirienne, qui a eu lieu le 31 octobre, en France et à Paris notamment où le scrutin n’a pas été comptabilisé.

« Gbagbo, dit à Pierre Kipré que j’ai droit au vote », pouvait-on notamment lire sur les banderoles des manifestants qui ont demandé la démission de l’ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, Pierre Kipré.

Le MSCI, mouvement juste après le 1er tour, affirme qu’entre 4500 et 5000 personnes sur les 12000 électeurs ivoiriens à Paris, se seraient vues refuser leurs cartes d’électeurs et d’identité nationale. « Les cartes d’électeurs et d’identité de plus de 4500 personnes ont été confisquées par la Commission électorale indépendante (CEI) », affirme le porte-parole du MSCI, Sylla Almany. Ces confiscations semblent avoir été assez ciblées. « Beaucoup de gens du nord » sont concernés a-t-il précisé.

« Quand on voit Koné, on ne donne pas la carte » s’insurge un manifestant

Selon lui, les listes électorales, établies sept jours avant le vote, ont finalement été modifiées le 30 octobre à minuit. Les lieux où chaque électeur était assigné « ont été modifiés plusieurs fois », ce qui a « empêché les gens de voter ».

Pour Madame Yolande Biot, présidente de L’Union pour le développement du peuple de Côte d’Ivoire, « les conditions de vote ont été négatives ». Elle parle même de bourrage d’urnes. « Dans certains bureaux, les urnes étaient pleines alors qu’il n’y avait pas eu de vote. On nous a même demandé de signer des procès verbaux affirmant que Gbagbo avait gagné », a-t-elle certifié.

Bien qu’affilié au Rassemblement des Houphouetistes pour le Développement et la Paix (RHDP) d’Alassane Ouattara, le MSCI a déclaré se réunir de manière « apolitique ». « Nous ne sommes pas là pour soutenir un candidat, nous représentons la société civile », a affirmé son porte-parole. Le délégué chargé de la promotion du programme de gouvernement d’Alassane Ouattara, Diomande Adama, était tout de même présent pour soutenir ces Ivoiriens qui ont selon lui été « spoliés de leur pièces d’identité, taxés d’électeurs de Ouattara ou de Bédié ». « Alassane Ouattara est conscient que ce qui s’est passé s’est dirigé contre ses militants », a-t-il affirmé.

L’ambassade étant fermée suite à cette action, Afrik.com n’a pu recueillir de réaction officielle. Une nouvelle manifestation est prévue samedi.