Grande mosquée de Paris : casées au sous-sol, les femmes se révoltent

Un groupe de femmes musulmanes organise sa révolte contre la récente décision de la Grande mosquée de Paris d’interdire l’accès à la salle de prière aux femmes. Ces dernières doivent désormais prier dans un « sous-sol » aménagé.

Les responsables de la Grande mosquée de Paris ont décidé de délocaliser l’espace de prière dédié aux femmes… Au sous-sol de la mosquée ! A l’accoutumée, les musulmanes avaient accès à la salle commune, derrière un rideau les séparant des hommes, comme le veut la tradition musulmane qui n’autorise pas le mélange des sexes.

Samedi, une douzaine de femmes, opposées à cette décision prise il y a plusieurs semaines, ont mené une opération coup de poing en tentant d’accéder à la principale salle de prière, mais des agents de la sécurité et des fidèles les en ont empêchées.

Les membres du collectif « Les femmes à la mosquée » dénoncent une « décision arbitraire de reléguer » les femmes « au sous-sol » de ce lieu de culte. L’une d’entre elles, Ndella Paye, affirme avoir été victime d’un déchaînement de violence ». Cette dernière était ce lundi l’invitée du talk-show de Beur FM « Les Zinformés », présenté par Abdelkrim Branine. Cette dernière témoigne : « Je me suis faufilée, j’ai forcé la porte d’entrée, j’ai pu rentrer, mais une vingtaine d’hommes, voire une trentaine, se sont jetés sur moi pour essayer de me sortir avec une telle violence ».

La Grande mosquée de Paris justifie sa décision prise « devant l’affluence croissante de fidèles », d’après un communiqué. Les responsables de la Grande mosquée ont indiqué avoir eu affaire à un « groupuscule » de féministes. Une déclaration qui fait sourire Ndella Paye, qui affirme n’appartenir à aucun mouvement féministe, et qui réclame simplement le droit de prier dans la salle commune, comme c’était le cas au temps du prophète Mohammed, affirme-t-elle.

Certains affirment que la décision de la Grande mosquée ne fait que nourrir le climat « islamophobe » qui règne en France et donne une occasion aux détracteurs de l’islam de jeter une nouvelle pierre sur cette religion.