
Après plus d’une décennie de recul, la piraterie somalienne connaît une nouvelle poussée dans le golfe d’Aden et l’ouest de l’océan Indien. Depuis avril 2026, six navires ont été détournés, selon l’Organisation maritime internationale (OMI), qui appelle à une nouvelle mobilisation internationale.
La piraterie somalienne n’a pas disparu. Elle refait désormais surface dans une région maritime déjà fragilisée par les tensions sécuritaires et les perturbations du trafic commercial. Depuis le mois d’avril, six navires ont été détournés dans le golfe d’Aden et les eaux environnantes, avec plus de 90 marins retenus en otage, selon les données communiquées par l’OMI.
Le dernier incident en date remonte au jeudi 20 août. Six hommes armés ont pris le contrôle du Seamull, un pétrolier battant pavillon érythréen, à environ 250 kilomètres à l’est d’Al-Mukalla, au Yémen. Le navire aurait ensuite été contraint de mettre le cap sur la Somalie. Une vingtaine de marins se trouvaient à bord, dont 16 ressortissants indiens.
Cette attaque est survenue seulement trois jours après le détournement du Lutuf, un cargo battant pavillon camerounais. Le 17 août, huit hommes armés ont pris le contrôle du navire à quelques milles des côtes du Puntland, dans le nord-est de la Somalie, avant de le conduire vers la côte. Dix membres d’équipage se trouvaient à bord, parmi lesquels six Indiens, un Turc, un Géorgien et deux gardes de sécurité serbes.
La proximité de ces deux attaques inquiète les autorités maritimes, d’autant que les pirates semblent désormais capables d’opérer relativement loin des côtes somaliennes. Le Seamull naviguait ainsi à environ 136 milles nautiques d’Al-Mukalla lorsqu’il a été abordé.
237 attaques et des centaines de marins pris en otage en 2011
Le phénomène rappelle les heures les plus sombres de la piraterie somalienne. En 2011, au plus fort de la crise, 237 attaques avaient été recensées et des centaines de marins avaient été pris en otage. La mobilisation de forces navales internationales, le recours à des équipes de sécurité armées et le renforcement des procédures de protection à bord avaient ensuite permis de réduire considérablement les attaques.
Mais le paysage sécuritaire maritime a depuis changé. Les forces navales internationales doivent aujourd’hui faire face à plusieurs foyers de tension, notamment en mer Rouge, où les attaques des Houthis contre des navires commerciaux ont perturbé le trafic depuis 2024. Cette multiplication des crises a contribué à disperser les moyens et l’attention consacrés à la lutte contre la piraterie.
Face à cette nouvelle situation, l’OMI appelle les États du pavillon et les États côtiers à renforcer les mesures de prévention et à maintenir une coopération navale internationale. Son secrétaire général, Arsenio Dominguez, a demandé la libération immédiate et inconditionnelle des personnes retenues.
Le golfe d’Aden donne accès au détroit de Bab el-Mandeb, à la mer Rouge et au canal de Suez, un corridor essentiel pour le commerce entre l’Asie et l’Europe.




