Germaine Acogny retrace les « écailles de sa vie »

La danseuse et chorégraphe franco-sénégalaise, Germaine Acogny, a présenté en solo, vendredi, sa pièce intitulée « Tchouraï » (encens), dans le cadre de la Biennale de
la danse de Lyon, dans le sud-est de la France.

Dès son arrivée, le spectateur a les narines chatouillées par l’agréable odeur se dégageant d’un encensoir dont la fumée finit par envelopper la salle, pleine comme un oeuf depuis de longues minutes déjà.

Plongée dans ses pensées, dans une ambiance feutrée et mystique, la danseuse fume sa pipe dans un coin de la scène. Son immobilité impose plus que toute prouesse technique. Vêtue d’un grand manteau, un encensoir fumant à ses côtés, un long bâton de pèlerin à la main, elle se lève et s’avance, comme si elle invitait son monde à un voyage.

Pendant une heure, Germaine Acogny retrace, sur scène, toute seule, les moments importants de sa vie, avec toutes les nuances qu’un corps de femme peut sentir et exprimer. Et le jeu des lumières s’y prête bien.

Cette pièce, profondément enracinée en Afrique, porte aussi les empreintes de la chorégraphe et danseuse d’origine béninoise, Sophiatou Kossoko, qui l’a mise n scène.

Germaine Acogny a fondé son premier studio de danse africaine à Dakar, en 1968. Influencée par l’héritage gestuel de sa grand-mère, prêtresse Yoruba, par son apprentissage des danses traditionnelles africaines et des danses occidentales (classique, moderne), elle y met peu à peu de sa propre technique.

De 1977 à 1982, elle dirige la première école panafricaine de danse, Mudra Afrique, créée par Maurice Béjart et le président Léopold Sédar Senghor à Dakar. En 1980, elle écrit son livre : « Danse africaine », édité en trois langues.

Après la fermeture de Mudra Afrique, elle s’installe à Bruxelles avec la compagnie de Maurice Béjart et organise des stages internationaux de danse africaine qui remportent un franc succès auprès du public européen. Une expérience qu’elle renouvelle par la suite en Casamance. Elle danse, chorégraphie et enseigne dans le monde entier et devient un véritable émissaire de la danse et de la culture africaines.

Avec son époux Helmut Vogt, elle fonde, en 1985, à Toulouse (France), le sudio-école-ballet-théâtre du 3e Monde. En 1987, elle fait un retour couronné de succès, travaille avec le chanteur Peter Gabriel pour un clip et crée son premier solo, “Sahel“.

En 1995, elle rentre au Sénégal où elle construit son Centre international de danses traditionnelles et contemporaines africaines, « l’Ecole des Sables« , qui est un lieu d’échanges entre danseurs africains et du monde entier, et de formation pour les danseurs de tout le continent, afin de les mener vers une danse africaine
contemporaine.