Génocide rwandais : la justice française abandonne les charges contre le prêtre Munyeshyaka

Les juges d’instruction français ont prononcé un non-lieu à l’encontre du prêtre Wenceslas Munyeshyaka, un Rwandais visé par une plainte en France pour le génocide de 1994, a annoncé, ce mardi, son avocat.

Soulagement pour le prêtre rwandais Wenceslas Munyeshyaka. Pour cause, les juges d’instruction français ont abandonné les charges qui pesaient sur lui alors qu’il était visé par une plainte pour le génocide au Rwanda, en 1994. Ce non-lieu, daté de vendredi et conforme aux réquisitions du parquet de Paris, peut encore être contesté par les parties civiles devant la cour d’appel.

Dans ses réquisitions, le parquet a révélé « l’extrême concordance des accusations portées » à l’encontre du prêtre, qualifié de « personnage trouble », « en dépit de leur étalement dans le temps et de l’extrême diversité des sources dont elles émanent ». Malgré cela, l’enquête n’a pas permis de caractériser juridiquement sa participation active au génocide.

Ce présumé exécutant du génocide des Tutsi rwandais exilé en France a été arrêté le 20 juillet 2007 en compagnie de l’ancien préfet de Gikongoro, Laurent Bucyiabaruta, avant d’être transférés à la prison de la Santé de Paris. Inculpés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda pour crime de génocide, ils ont fait l’objet de mandats d’arrêt délivrés par ce tribunal. Deux mois plus tard, la cour d’appel de Paris a ordonné la remise en liberté des deux Rwandais.

Paris a toujours refusé d’extrader les suspects du génocide rwandais exilés en France. La Cour de cassation considère en effet que le génocide n’est pas défini, en 1994, dans le code pénal rwandais.