Gambie : le Nigérian Goodluck Jonathan pour « faciliter » la révision constitutionnelle

Goodluck Jonathan

L’ancien Président nigérian Goodluck Jonathan est arrivé jeudi soir dans la capitale gambienne, Banjul, dans le cadre d’une mission de médiation d’un différend sur un processus de révision constitutionnelle. En effet, la Gambie s’emploie à remplacer sa Constitution de 1997, qui a été promulguée par Yahya Jammeh, l’ancien Président du pays, contraint de démissionner en 2017 après avoir refusé de céder le pouvoir à la suite d’une élection contestée.

Les 21 ans de règne de Yahya Jammeh ont été entachés d’accusations de violations des droits de l’Homme, notamment d’exécutions extrajudiciaires d’opposants. C’est dans cet imbroglio que le Président Adama Barrow est arrivé au pouvoir, en 2017, sous le coup d’une coalition qui s’est désintégrée depuis. La promulgation d’une nouvelle Constitution faisait partie de l’accord de la défunte coalition. Mais depuis près de 4 ans, le gouvernement n’a pas été en mesure de tenir cette promesse.

Un projet de document rédigé par une commission de révision constitutionnelle a été rejeté par le Parlement gambien, à la suite de désaccords sur certaines dispositions clés, notamment une clause qui rend la Constitution rétroactive. Cela signifie que le Président Adama Barrow n’aura qu’un seul mandat de plus de cinq ans s’il remporte les élections prévues l’année prochaine. Ses partisans disent que ses cinq premières années au pouvoir ne devraient pas être comptées.

Il y a aussi des problèmes qui affectent les minorités, y compris la communauté chrétienne en Gambie, qui sont mal à l’aise avec l’absence du terme laïC. Le pays est musulman à plus de 90%. Le projet de Constitution gambienne doit être adopté par le Parlement, avant d’être soumis à un référendum national. Le document, en préparation depuis plus de deux ans, introduira? pour la première fois? une limitation du mandat présidentiel dans le pays. Mais lorsqu’il a été présenté à la Chambre en septembre, il a été rejeté par 31 voix contre 42 et ne s’est donc pas rendu en troisième lecture.

Une nouvelle Constitution est cruciale avant la campagne électorale de l’année prochaine. Selon la presse locale, le Président Adama Barrow a sollicité l’intervention de Goodluck Jonathan. Un communiqué publié par le bureau de l’ancien dirigeant nigérian a déclaré qu’il avait été approché pour « apporter son soutien » afin de « faciliter le processus de forger un consensus national viable ».

La déclaration, signée par le Conseiller spécial de l’ancien Président, Ikechukwu Eze, a ajouté que Goodluck Jonathan « devrait déployer son expérience et sa bonne volonté en tant qu’homme d’État international respecté pour faire avancer le processus de révision constitutionnelle et améliorer les progrès du dialogue national continu, en droite ligne avec les attentes des Gambiens. Goodluck Jonathan, aurait été consulté en raison de sa « neutralité et de son bilan avéré en matière de réformes démocratiques et constitutionnelles », ajoute le communiqué.

Goodluck Jonathan a été vice-président du Nigeria de 2007 à 2010, date à laquelle il a pris ses fonctions de Président à la suite du décès de son prédécesseur, Umaru Musa Yar’Adua. Il a perdu l’élection de 2015 face au Président actuel Muhammadu Buhari. Malgré les controverses entourant ce sondage, Jonathan a démissionné, attirant ainsi respect et admiration à travers l’Afrique et au-delà. Depuis, il a agi comme médiateur dans plusieurs pays de la région, y compris récemment au Mali.