Gabon : système électoral biométrique à compter de 2013

Le Gabon va introduire la biométrie dans le processus électoral à compter des prochaines élections locales qui se tiendront dans le pays en 2013. L’opération de mise en place d’un nouveau fichier électoral avec des données biométriques va démarrer dans les prochains mois, a annoncé vendredi le ministre de l’intérieur, Jean François Ndongou, au cours d’une conférence de presse à Libreville.

Objet de polémique entre l’opposition et le gouvernement au cours de ces dernières années, la biométrie fera finalement son entrée dans le processus électoral du Gabon sous peu de temps. En tout cas, les élections locales de 2013 se tiendront avec un fichier électoral biométrique, selon le gouvernement. Des contacts sont déjà pris avec de nombreuses entreprises aux fins de lancer l’opération d’établissement de ce nouveau fichier électoral.

« Nous avons une liste électorale qui comporte le nom, le prénom, la date de naissance et les ascendants des compatriotes. Nous allons ajouter à cette liste des données biométriques à savoir : empreintes digitales et la photo », a annoncé le ministre de l’intérieur, ajoutant que le gouvernement compte élargir le champ d’application de la biométrie, dans d’autres secteurs, particulièrement celui de la confection des faits d’état civil et de la délivrance de nouvelles pièces d’identité, répondant aux normes internationales.

Rappelons que le projet d’introduction de la biométrie dans le processus électoral du pays a été déposé au parlement il y a quelques années par le défunt Pierre Mamboundou, décédé le 15 octobre 2011. Il était à cette époque député de Ndéndé et président de l’union du peuple gabonais (UPG, opposition). Il estimait que seule l’utilisation de la biométrie dans le processus électoral pouvait garantir des élections crédibles et transparentes au Gabon.

Aux législatives de 2011, largement remportées par le parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), certains partis de l’opposition avaient décidé de boycotter le scrutin, pour réclamer du gouvernement la mise en place d’un fichier électoral fiable, établi avec des données biométriques. ‘Pas de biométrie, pas d’élections’’, était le mot d’ordre de ces partis tout au long de la période qui a précédée le scrutin, notamment lors des meetings de l’opposition dans les capitales provinciales.