Gabon : quand le sida est rattaché à la femme

Au Gabon, le nombre de femmes atteintes du VIH est deux fois plus important que celui des hommes, selon une enquête réalisée en 2012.

(De notre correspondant à Libreville)

L’enquête démographique et de santé réalisée en 2012 et récemment publiée montre que le taux de prévalence au VIH chez les femmes est de l’ordre de 5,8%, soit deux fois et demie supérieur à celui des hommes qui est de 2,2%. La féminisation du VIH est donc très poussée au Gabon. Quels peuvent être les arguments qui expliquent cette situation ?

D’abord il y a la forte propension des Gabonais à multiplier des conquêtes amoureuses, l’infidélité étant la chose la mieux partagée chez les hommes, notamment ceux qui ont « la chance » d’avoir un travail bien rémunéré. Par ricochet un homme atteint du VIH peut contaminer plusieurs femmes.

Deuxièmement la paresse des jeunes dames et l’amour de la facilité, lesquels entraînent notamment les femmes dans une sorte de prostitution masquée au sein des couples et au véritable commerce du sexe dans la rue et les maisons de débauche. Toutes choses qui expliquent la forte prévalence du VIH chez les femmes. Une enquête démographique, par catégorie sociale, montrerait évidemment que les femmes actives et ayant réussi à s’insérer dans le tissu économique sont moins touchées par la pandémie du sida. Les plus vulnérables et explosées, et à terme atteintes du VIH, sont celles qui sont au chômage et qui utilisent le sexe comme outil de combat contre la misère et moyen de survie. Le sexe serait donc l’arme fatale de la femme, face à la misère. Mais c’est malheureusement une arme très peu efficace, puisque son utilisation relève d’un comportement suicidaire et contre-productif.

Troisièmement et enfin, très peu de femmes savent utiliser le préservatif féminin, lequel devrait leur donner plus d’autonomie en matière de protection. La décision d’user du préservatif au cours du rapport sexuel revient donc naturellement aux hommes dont certains se sachant malades n’hésitent pas à transmettre volontairement le virus du sida à leurs multiples partenaires, malgré la pénalisation de cet acte par le législateur gabonais.

Il y a quelques mois, un chauffeur de taxi à Franceville, conscient de sa séropositivité a partagé sans état d’âme le VIH à une soixante de jeunes dames, rappelle-t-on.