Gabon : « Pas d’élections sans biométrie »

Plusieurs partis de l’opposition regroupés entre autres au sein de la Coalition des Partis de l’Opposition pour l’Alternance (CPPA), de l’Alliance pour le Changement et la Restauration (ACR) et une partie des leaders de la société civile ont invité samedi, au cours d’une conférence de presse, la population à boycotter les législatives que le gouvernement envisage d’organiser avant la fin de cette année. Ils estiment que dans la situation actuelle, toutes les conditions ne sont pas réunies pour la tenue d’une élection crédible et transparente.

« Pas de biométrie, pas d’élection ». C’est en ces termes que les opposants gabonais ont ouvert, le 24 septembre à Libreville, la rencontre qu’ils ont organisée avec la presse nationale et internationale. Pour ces derniers, partir aux législatives sans la biométrie, « c’est-à-dire sans transparence », c’est exposer le pays à des lendemains électoraux chaotiques.

« Après plus de 45 ans de règne sans partage du PDG, l’arrivée au pouvoir de Bongo fils dans les conditions que tout le monde sait et qui auraient dû l’inciter à créer le cadre indispensable à l’entrée de notre pays dans la modernité, le PDG s’évertue à manipuler et triturer la Constitution ainsi que la loi électorale ; à vouloir organiser les élections législatives à venir sans biométrie et sans aucune transparence », a dénoncé le président du Congrès pour la Démocratie et la Justice (CDJ), Jules Aristide Bourdès Ogoulinguendé. Il pense que le Gabon pourrait basculer dans la violence si le parti au pouvoir s’obstine à organiser les prochaines législatives sans les conditions de transparence, notamment l’introduction des données biométriques dans le processus électoral.

« Lassés par tant de tripatouillages et de hold-up électoraux, l’opposition gabonaise et la société civile invitent le président de la république, Ali Bongo Ondimba, chef de voûte des institutions à éviter à notre pays de connaître les soubresauts qui ébranlent les régimes dictatoriaux de par le monde », a-t-il poursuivi.

Conscients du fait que les autorités de Libreville se préparent à organiser ces élections dans les conditions actuelles, c’est-à-dire sans biométrie, les leaders de l’opposition et de la société civile, cherchent à inciter la population à ne pas participer au vote. Ils envisagent de lancer d’autres actions d’envergure dans les prochaines semaines, afin de sensibiliser les citoyens et pousser le gouvernement à se rétracter. C’est dans ce sens qu’ils ont annoncé l’organisation le 1er octobre 2011, d’un grand meeting populaire au carrefour Rio, à Libreville.