Gabon : Libreville se vide à la veille de l’élection présidentielle

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A l’approche de l’élection présidentielle du 30 août 2009, les habitants de Libreville se déplacent vers l’intérieur du pays. Ils quittent la capitale soit pour aller voter dans leur région, soit pour se protéger.

Depuis quelques semaines, les Librevillois sont en partance pour la province. Ils parlent de vacances mais beaucoup évoquent la présidentielle du 30 aôut prochain. « Je m’en vais au village afin de voter pour mon candidat. Je suis inscrit au centre de vote de Meudouneu (département du Haut-Como, ndlr) » , explique Paul Obiang, assis à l’arrière d’une camionnette blanche, visiblement surchargée.

Mais si Paul Obiang va dans son village pour voter et soutenir son candidat, dont il a voulu taire le nom, ce n’est pas le cas d’Evelyne. La jeune étudiante quitte la capitale parce que, estime-t-elle, « l’élection de dimanche prochain est une élection de tous les dangers. « Il vaut mieux aller se cacher dans son village », poursuit-elle, loin des canons des militaires et des joutes politiques.

A Libreville, ceux qui ne voyagent pas s’approvisionnent en produits de première nécessité. Dans cette optique, les magasins sont largement approvisionnés.

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Le climat est un peu morose à la veille de ce scrutin, le plus disputé et le plus ouvert depuis l’avènement du multipartisme au Gabon au début des années 90. Les exemples de successions politiques, qui se sont achevées dans le chaos, animent les conversations dans les rues de la capitale gabonaise. Mais pour apaiser la tension et rassurer les populations, les messages de paix et de solidarité fusent sur les chaînes de télévision publique. Ils appellent les Gabonais à préserver la paix et la concorde nationale.

Le chef de l’Etat en intérim Rose Francine Rogombé et son Premier ministre Paul Biyoghé Mba ont maintes fois rappelé que les élections ne doivent pas être l’occasion de luttes fratricides ou de conflits familiaux.

« Le Gabon doit à travers cette élection administrer une belle leçon de démocratie » au monde entier, disait un politicien gabonais, souhaitant que la transition politique, entamée au lendemain du décès d’Omar Bongo Ondimba, se termine comme elle a commencé. A savoir dans la paix et le respect des lois en vigueur au Gabon.