Gabon : les médias rappelés à l’ordre

Le conseil national de la communication (CNC), réuni jeudi dernier en séance plénière ordinaire à Libreville, a appelé les médias gabonais au respect de la déontologie journalistique. Il les a enjoint d’observer une stricte neutralité dans le traitement de l’information pendant cette sensible période de précampagne où les insultes envers certains candidats et le dénigrement sur une base ethnique vont bon train.

Notre correspondant au Gabon

La Commission électorale du Gabon (Cénap) a retenu, jeudi, 23 dossiers de candidature pour la présidentielle du 30 août sur 28 au total. Parmi eux, celui d’Ali Bongo, fils du défunt président, mais aussi ceux des barons dissidents du parti au pouvoir André Mba Obame, Casimir Oyé Mba et Jean Eyéghé Ndong. La précampagne électorale a été très animée. Et la presse s’en est quelquefois fait écho en des termes très virulents.

Aussi, le CNC a marqué son indignation devant la mauvaise qualité des journaux dont le ton et le fond des articles incitent à la révolte, à la sédition, au soulèvement et au repli identitaire. Toutes choses qui sont proscrites par la loi fondamentale et le code de la communication. Le conseil national de la communication a cité, jeudi, en séance plénière ordinaire, le cas du journal La UNE qui, dans sa livraison du 17 juillet 2009, a choisi comme titre de Une  » TOUT SAUF LES FANG ». Aussi, a-t-il décidé d’infliger une mise en demeure à cet organe de presse, d’observer dorénavant la réglementation en vigueur en matière de communication, sous peine d’une interdiction pure et simple de paraître.

Avertissement général

S’agissant de la presse audiovisuelle, tant publique que privée, le conseil a dit avoir constaté le manque de rigueur dans la collecte, le traitement, la programmation et la diffusion de l’information pendant cette période de précampagne électorale. Quant aux médias privés, ils ont été appelés, non seulement à régulariser leur situation administrative, sous peine de suspension; mais surtout à observer le pluralisme d’opinions dans la programmation et la diffusion des émissions relatives à la l’élection présidentielle à venir. De même, il leur a été recommandé de programmer des émissions d’éducation civique en rapport avec le scrutin.

Enfin, le conseil a réitère, à la suite de la présidente de la République, à l’endroit de l’ensemble des médias, la nécessité pour eux de respecter l’ordre public, la vie privée et la dignité de tous les candidats, rappelant la place non moins importante des médias dans la consolidation de la jeune démocratie gabonaise.