Gabon : le système éducatif enrayé par la grève des enseignants

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Les cours n’ont toujours pas véritablement démarré dans les établissements scolaires publics du pays, un mois après la date officielle de la rentrée des classes. Cette situation est due à un mouvement de grève des enseignants regroupés au sein de la Convention nationale des syndicats du secteur de l’éducation (Conasysed).

Les élèves des établissements publics se rendent quotidiennement dans leurs écoles et lycées, espérant que leurs enseignants reviendront à de meilleurs sentiments et qu’ils recevront enfin leurs premiers cours de l’année. « Même les enseignants expatriés ne viennent plus dans nos salles de classe depuis le début de cette semaine », a confié une élève du collège Georges Mabignath, à Libreville, ajoutant que l’année dernière, elle et ses camarades de classe sont allés aux examens sans épuiser leurs programmes scolaires.

Bras de fer

«On veut l’école », pouvait-on entendre de la bouche de ces élèves, alors que leurs enseignants assis sut les bancs à l’extérieur des salles de classe expliquaient qu’ils se rendent chaque jour sur le lieu de travail, mais qu’ils ne reprendront la craie que le jour où le gouvernement adhérera à leurs revendications.

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L’Etat gabonais a suspendu les salaires des enseignants syndiqués depuis le mois d’octobre 2009, croyant intimider les syndicalistes. Mais cette mesure n’a servi qu’à radicaliser la position des grévistes qui se disent prêts à mourir pour leur cause. Les responsables des syndicats du secteur de l’éducation ont néanmoins repris langue avec le gouvernement et de nombreux parents d’élèves, exaspérés, estiment déjà que cette reprise de dialogue permettra de dénouer définitivement la situation.

Au moment où nous rédigeons cet article, il semble selon des sources concordantes que les bons caisse des enseignants sont déjà disponibles et que certains auraient commencé à toucher leurs salaires d’octobre.
La semaine dernière, un collectif de parents d’élèves avait porté plainte contre les membres des bureaux directeurs de ces syndicats auprès du tribunal de première instance de Libreville. Objectif : contraindre ces derniers à reprendre le chemin des classes.